Saintes : les candidats divers droite se désistent pour faire barrage au maire sortant
Saintes : désistements à droite pour contrer le maire sortant

Saintes : la droite se retire pour tenter de faire tomber le maire sortant

Le second tour des élections municipales à Saintes, prévu dimanche 22 mars, se jouera finalement sans les deux candidats divers droite. Laurent Daviet et Jean-Philippe Machon ont annoncé leur retrait, avec pour objectif commun de permettre au candidat socialiste Ludovic Norigeon de rivaliser avec le maire sortant Horizons, Bruno Drapron. Cette décision radicale rebat entièrement les cartes de la campagne et intensifie la bataille pour la mairie.

Deux parcours, une même cible : Bruno Drapron

Les motivations des deux hommes, bien que distinctes, convergent vers un rejet catégorique de l'action du maire sortant. Laurent Daviet, qui a siégé aux côtés de Bruno Drapron jusqu'en décembre 2025, a centré sa campagne sur la critique de son mandat. De son côté, Jean-Philippe Machon, ancien adjoint évincé en 2020, a mené une campagne nourrie par six années d'opposition tendue.

Avec respectivement 16,11% et 12,48% des suffrages exprimés au premier tour, les deux têtes de liste divers droite avaient théoriquement la possibilité de se maintenir ou de fusionner. Il n'en sera rien. La guerre fratricide à droite vient d'accoucher de deux désistements doublés d'appels explicites à ne pas reconduire Bruno Drapron.

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Un second tour simplifié et un nouvel équilibre des forces

Dimanche 22 mars, les électeurs saintais choisiront donc entre deux hommes : le maire sortant Bruno Drapron et le candidat de l'union de la gauche, Ludovic Norigeon. Ce scénario inattendu donne soudainement un poids considérable aux 6,48% des suffrages accordés au candidat LFI, Rémy Catrou, dont les électeurs deviendront des arbitres potentiels.

Dans sa déclaration, Jean-Philippe Machon, arrivé en quatrième position, a été sans ambiguïté : « Nous demandons à chaque électeur qui nous a fait confiance de se rendre aux urnes dimanche 22 mars et de voter contre la reconduction du maire sortant. »

Des tractations jusqu'à la dernière minute

Que s'est-il passé depuis dimanche soir ? Laurent Daviet, malgré sa troisième place et un score honorable, a rapidement compris que le second tour se jouerait sans lui. Dès mardi matin, il a considéré que l'écart avec Bruno Drapron (40,59%) était trop important pour jouer les trouble-fêtes, même en s'associant à Jean-Philippe Machon.

Bien décidé à faire tomber le maire, il justifie son retrait : « La meilleure solution, c'était deux listes dimanche soir prochain. » Dans un communiqué, il explique chercher « l'unité pour garantir le débat », évoquant un paysage politique où la concentration des voix en faveur du sortant fait peser « un risque réel sur la vitalité de notre démocratie locale ».

« Sans un contre-pouvoir solide et uni, le débat d'idées indispensable à la gestion de notre cité risque de s'effacer au profit d'une gestion unilatérale », alerte-t-il, affirmant que son devoir est de « ne pas disperser les voix de ceux qui aspirent à un souffle nouveau ».

Un front républicain saintais ?

De son côté, l'ancien maire Jean-Philippe Machon a tenté jusqu'à mardi matin de monter une liste commune avec Laurent Daviet… et même avec Ludovic Norigeon. Une énergie du désespoir ou de la naïveté ? Mardi vers 15 heures, il officialisait finalement le retrait de sa liste « J'aime Saintes ».

« Nous appelons l'ensemble de nos électeurs à faire barrage à la réélection du maire sortant », a-t-il déclaré. « Nous avons mené des discussions avec les deux listes d'opposition dans l'objectif de constituer une liste commune capable de l'emporter au second tour. Ces discussions ont échoué et nous le regrettons. »

Il déplore amèrement que « des logiques partisanes aient primé sur l'intérêt des Saintaises et des Saintais ». Pour Jean-Philippe Machon, la responsabilité est claire : « Six années de gestion du couple Drapron ont conduit Saintes au déclin. Un second mandat aggraverait cette trajectoire. »

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Face à cette urgence, il refuse de contribuer à la dispersion des voix. « Notre retrait est un acte politique au service de la ville, pas un renoncement », insiste-t-il, appelant une nouvelle fois ses électeurs à voter contre Bruno Drapron et parlant même d'un « front républicain saintais ».

Ces désistements stratégiques transforment profondément la dynamique du second tour. Ils cristallisent une opposition frontale au maire sortant et offrent à Ludovic Norigeon une opportunité inespérée de rassembler un électorat hétéroclite, uni par le désir de changement. La bataille pour Saintes entre désormais dans sa phase décisive.