Saint-Martin-de-Ré : une femme succédera au maire sortant, deux candidates s'affrontent
Saint-Martin-de-Ré : deux femmes en lice pour succéder au maire

Saint-Martin-de-Ré s'apprête à élire sa nouvelle maire

La question est désormais tranchée : une femme succédera à Patrice Dechelette, maire de Saint-Martin-de-Ré depuis 2008. À l'approche du premier tour des élections municipales du 15 mars, les Martinais auront le choix entre deux candidates qui incarnent le renouveau politique de la capitale de l'île de Ré.

Deux profils distincts pour une même ambition

D'un côté, Anne Mémin, 44 ans, adjointe au maire sortant déléguée au logement, au commerce et au patrimoine. Elle conduit la liste « Saint-Martin, cap sur l'avenir » et représente la continuité avec un renouvellement annoncé de 70% de l'équipe municipale. Résidente extra-muros, mère de famille travaillant dans l'économie sociale et familiale, elle bénéficie d'un ancrage local solide et promet, si elle est élue, de se consacrer à plein temps à sa fonction de maire.

De l'autre, Véronique Richez-Lerouge, 61 ans, ancienne présidente du MoDem en Charente-Maritime et conseillère départementale. Elle mène la liste « Une nouvelle énergie pour Saint-Martin » et incarne l'alternance. Résidente intra-muros, politicienne expérimentée ayant présidé Vauban Fortification et le conseil portuaire, elle a mené une campagne de terrain intensive en porte-à-porte dès les premiers jours.

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Un contexte électoral particulier

Cette élection marque un retour à la compétition démocratique après le scrutin de 2020 où Patrice Dechelette avait été réélu sans opposition avec 481 voix sur 1 518 inscrits, soit une abstention record de 62,65%. Au 6 février dernier, date limite des inscriptions, la commune comptait 1 555 électeurs inscrits, témoignant d'un intérêt renouvelé pour le scrutin.

Si les femmes ne représentent que 20,1% des maires en France selon une étude de 2022, Saint-Martin-de-Ré ne découvrira pas le leadership féminin. En 2001, les électeurs avaient déjà choisi Georgine Lafontaine, aujourd'hui nonagénaire toujours attentive à la vie politique locale, qui avait marqué son mandat en obtenant le classement de la cité fortifiée au patrimoine mondial de l'Unesco en 2008.

La géographie électorale : intra versus extra-muros

La particularité de Saint-Martin-de-Ré réside dans sa division entre l'intra-muros, cœur historique fortifié peuplé majoritairement de retraités aisés, de commerçants et de résidents secondaires, et l'extra-muros où vivent davantage d'actifs et de résidents permanents. Ces derniers constituent la majorité des votants, faisant des quartiers résidentiels extra-muros le véritable champ de bataille électoral.

Anne Mémin, résidente extra-muros, bénéficie d'une proximité naturelle avec cette population tout en maintenant des liens avec l'intra-muros grâce à son ancrage familial. Véronique Richez-Lerouge, installée intra-muros, a déployé une stratégie de terrain ambitieuse des deux côtés des remparts pour conquérir l'ensemble du territoire communal.

Enjeux communautaires et visions d'avenir

Au-delà de la mairie, l'élection aura des répercussions sur la gouvernance intercommunale. Trois sièges d'élus communautaires sur trente sont à pourvoir à Saint-Martin-de-Ré, la liste gagnante en obtenant deux et l'opposition un. Ces élus participeront à désigner le président de la Communauté de communes, opposant potentiellement Lionel Quillet à Jean-Paul Héraudeau.

Véronique Richez-Lerouge a clairement affiché son soutien à l'alternance communautaire, évoquant un ticket avec Jean-Paul Héraudeau ou Patrice Raffarin. Anne Mémin adopte une position plus prudente, préférant attendre de connaître les projets des candidats pour l'avenir de l'île de Ré avant de se positionner.

Une campagne dynamique et moderne

Les deux candidates animent une campagne résolument moderne, présentes à la fois sur le terrain et sur les réseaux sociaux. Elles partagent la volonté de redonner à Saint-Martin-de-Ré son statut de capitale rétaise tout en proposant des méthodes de travail renouvelées.

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Alors que l'île de Ré forme une communauté où chacun se connaît, les isoloirs gardent encore leur secret pour quelques jours. Une certitude demeure : les Martinais s'apprêtent à accueillir leur nouvel édile par un « bonjour madame la maire », scellant ainsi le renouveau politique de leur commune.