Un second tour municipal exceptionnel à Saint-André-de-Cubzac
Ce dimanche 22 mars, la mairie de Saint-André-de-Cubzac sera l'enjeu d'un final à trois absolument inédit. La liste de Mickaël Courseaux, celle de Vincent Charrier et celle de Pierre Le Camus du Rassemblement National s'affronteront dans une configuration rare qui promet un suspense électoral intense. Il faut remonter loin dans le temps pour retrouver une telle incertitude lors d'une élection municipale dans cette commune.
Courseaux refuse l'alliance de gauche contre le RN
Mickaël Courseaux, arrivé en seconde position dimanche dernier avec 1 520 voix (33,30%), et considéré comme le poulain de la maire sortante Célia Monseigne, a refusé la proposition de fusion émanant de la liste divers gauche menée par Michel Vilatte et Corinne Laveau (386 voix, 8,46%). Cette dernière avait pourtant explicitement proposé cette alliance « pour faire barrage au RN ».
« L'équipe Courseaux a rejeté notre proposition de rassemblement, justifiant sa décision par un désaccord persistant sur la question des poubelles, alors que nous leur avions proposé de trancher cette question par un référendum local », regrette Corinne Laveau dans un communiqué. Elle poursuit en affirmant que l'équipe Courseaux devra « assumer la responsabilité d'avoir rendu possible la victoire de l'extrême droite à Saint-André ».
Le Rassemblement National renforcé par des transfuges
Face à cette situation, le candidat RN Pierre Le Camus, qui avait obtenu 33,60% des voix au premier tour, a vu arriver vers lui cinq membres de la liste citoyenne La Voix des habitants. Cette liste avait réalisé un peu plus de 10% (476 voix, 10,43%) au premier tour.
« C'est une fusion technique, on s'allie pour gagner la mairie et sur des projets proches mais ils restent indépendants », précise Pierre Le Camus. Thierry Lièvre-Cormier, leader de cette liste qui a choisi de se retirer, confirme cette approche : « C'était un collectif citoyen qui s'était regroupé autour d'envies. Nous n'y sommes pas arrivés, après chacun fait comme il l'entend, il n'y a pas de problème. »
À noter que sur la nouvelle liste ainsi constituée ne figure plus l'homme condamné à une amende avec sursis par le tribunal de Libourne pour détention illégale d'armes de guerre. « Pour éviter de prêter le flanc à de nouvelles attaques, il l'a très bien compris », indique Pierre Le Camus.
Charrier se présente comme l'alternative des droites et du centre
La liste Unis pour changer Saint-André, de Vincent Charrier (649 voix, 14,22%), sera également présente au second tour. « Un choix de cohérence et de respect des électeurs : pas de fusion et pas d'arrangement. Chacun doit pouvoir retrouver au second tour le projet pour lequel il a voté », exprime celle qui se présente comme l'alternative des droites et du centre.
Cette liste se positionne également contre « la gauche sortante et sa politique dogmatique ». Vincent Charrier ajoute un avertissement cinglant : « Parier sur le RN c'est, à la clé, choisir l'amateurisme et risquer d'isoler Saint-André-de-Cubzac au sein de la Communauté de communes ».
Un scrutin aux enjeux locaux et nationaux
Ce second tour à trois cristallise ainsi plusieurs tensions politiques :
- Le refus d'une alliance de gauche contre l'extrême droite
- Le ralliement d'élus d'une liste citoyenne au RN
- La persistance d'une troisième voie se réclamant du centre et de la droite
- Des accusations réciproques sur la responsabilité d'une éventuelle victoire du RN
Le match s'annonce extrêmement serré pour succéder à Célia Monseigne, avec des reports de voix qui pourraient être déterminants dans cette triangulaire inattendue. Les électeurs de Saint-André-de-Cubzac devront trancher ce dimanche entre trois visions distinctes pour l'avenir de leur commune, dans un contexte où les enjeux locaux se mêlent aux considérations politiques nationales.



