François Ruffin sera candidat à la présidentielle de 2027, quoi qu'il arrive. Le député ex-insoumis a affirmé ce mardi sur France Inter qu'il se présentera, même en l'absence d'une primaire pour désigner le candidat de la gauche non mélenchoniste. « Je souhaite que la primaire ait lieu parce que je pense qu'il n'y a pas une autre façon de faire. Maintenant, s'il n'y a pas de primaire, moi j'y vais. On a eu 100 000 signatures (de soutien) en 15 jours, alors maintenant en route vers les 500 maires, il y a un élan populaire », a-t-il justifié.
« Mélenchon et moi »
L'hypothèse d'une primaire de la gauche hors LFI est plus que jamais fragilisée depuis le départ de la direction du PS du chef des députés socialistes Boris Vallaud, opposé à un tel processus défendu au contraire par le premier secrétaire du parti, Olivier Faure. Ces débats au PS, « personne n'y comprend rien et tout le monde s'en fout », a réagi le député de la Somme. « Il n'y aura pas de négociation de salon, il n'y aura pas de congrès arrangé. Vous savez, ça suscite du dégoût », a-t-il répété.
« 75 % des électeurs de gauche disent ''on veut une investiture commune avec une primaire''. Si les apparatchiks de la politique, ils n'en veulent pas, eh bien j'irai », a-t-il martelé. « Il y a aujourd'hui deux candidats à gauche : il y a Jean-Luc Mélenchon et il y a moi, ma candidature », a-t-il estimé.
Autain presse le PS
Autre candidate à une primaire, l'ex-insoumise Clémentine Autain a appelé sur Public Sénat le Parti socialiste « à trancher avant l'été » sur l'organisation d'un tel processus car « nous sommes tous otages de ce cirque et de ce spectacle ». « Boris Vallaud et ses amis qui nous disent la primaire + ça ne va pas + sont dans l'incapacité de nous dire quelle est l'autre méthode de départage. Jusqu'à l'été, je me battrais bec et ongles pour que cette primaire existe », a-t-elle ajouté sans dire ce qu'elle ferait après « si le carnage est total ».
La députée de Seine-Saint-Denis a estimé que ceux qui refusaient un tel mode de sélection d'un candidat, comme François Hollande et Raphaël Glucksmann, voulaient en fait « l'union des centres » et « aller chercher les macronistes ». « Le vrai débat derrière, il est sur la stratégie politique. Est-ce qu'on veut draguer le centre, ce qui ne crée pas pour moi la dynamique politique pour accéder au second tour, ou est-ce qu'on veut galvaniser le peuple de gauche par cette primaire qui peut rassembler des millions de personnes », a-t-elle martelé.



