Le RN progresse en sièges mais bute sur les conquêtes municipales en Charente-Maritime
Les élections municipales en Charente-Maritime révèlent une progression mesurée du Rassemblement national, qui parvient à augmenter son nombre d'élus locaux tout en échouant à réaliser ses objectifs de conquête de mairies et de percée à La Rochelle. Le parti d'extrême droite, qui avait investi douze listes contre seulement quatre en 2020, visait explicitement à tripler ses conseillers municipaux, prendre des mairies et faire son entrée au conseil municipal de la capitale départementale.
Une augmentation notable du nombre d'élus municipaux
Le premier objectif du RN semble en voie d'être atteint, représentant une consolation significative pour le mouvement. En 2020, le parti ne comptait que sept élus municipaux répartis sur trois communes : quatre à Marennes, deux à Saint-Pierre-d'Oléron et un à Saint-Georges-d'Oléron. Lors du premier tour des élections municipales du 15 mars, les résultats intermédiaires montrent déjà des avancées concrètes.
Richard Guérit a obtenu six sièges à Marennes, tandis qu'Isabelle Lemaire en a remporté quatre à Saujon et Pénélope Godefroy deux à Saint-Georges-d'Oléron. À Corme-Écluse, Patrick Dugenne, suppléant du député Pascal Markowsky, représentera seul l'opposition municipale. Avec sept listes qualifiées pour le second tour, le RN peut encore espérer des sièges supplémentaires à Royan, Saint-Palais-sur-Mer et Dolus-d'Oléron, où ses candidats réalisent des scores notables.
« Obtenir au moins vingt et un conseillers municipaux paraît raisonnable », analyse Séverine Werbrouck, patronne du parti en Charente-Maritime, qui défend cette progression comme « très importante pour asseoir notre implantation » dans un paysage municipal qui résiste traditionnellement à l'extrême droite.
L'échec des conquêtes de mairies
Pour ce qui concerne la prise de mairies, le bilan est nettement moins favorable au Rassemblement national. Les résultats à Dolus-d'Oléron et Marennes nourrissent la déception des cadres du parti. À Royan, Nicolas Calbrix se place certes en deuxième position mais à vingt et un points du maire sortant, ce qui le place dans l'impossibilité pratique de menacer Patrick Marengo.
Même scénario à Saint-Pierre-d'Oléron où Bernard Niclot, candidat du RN, accuse vingt points de retard sur Christophe Sueur. Finalement, la meilleure performance du parti se limite au petit village de Bords où Alain Bellu arrive en tête avec seulement cinq voix d'avance sur son premier poursuivant, une victoire symbolique mais sans réelle portée stratégique.
La Rochelle reste une forteresse imprenable
Dans la capitale départementale, le RN réalise une contre-performance notable au regard des dynamiques électorales récentes. Avec 2 574 voix (8,8 %), le parti fait à peine mieux qu'en 2014 où il avait obtenu 2 261 voix (8,5 %). Ce score modeste contraste fortement avec les plus de 7 000 voix recueillies par Emma Chauveau aux législatives anticipées de 2024, soulignant la difficulté du mouvement à transformer son audience nationale en succès municipaux locaux.
« Ce n'est pas un résultat extraordinaire mais ce n'est pas non plus une catastrophe », tempère Séverine Werbrouck, cheffe de file de Rassemblement La Rochelle. L'eurodéputée estime que le seul dépôt d'une liste de quarante-neuf noms constitue une réussite sur laquelle le parti pourra capitaliser à l'avenir, adoptant une vision à long terme de l'implantation locale.
Le Rassemblement national confirme ainsi son ancrage dans les quartiers populaires de La Rochelle mais sans parvenir à décoller électoralement, illustrant les limites de sa stratégie municipale en Charente-Maritime malgré des moyens accrus et des ambitions revues à la hausse.



