Périgueux : une élection municipale au couteau
Le premier tour des élections municipales à Périgueux, qui s'est tenu dimanche 15 mars, a livré un résultat extrêmement serré, promettant un second tour des plus indécis. Émeric Lavitola, le maire socialiste sortant, est arrivé en tête avec seulement 40 voix d'avance sur son principal challenger, Michel Cadet, candidat de la droite. « Cela va se jouer à quelques bulletins dimanche prochain », a prophétisé l'édile, instituteur dans le civil, conscient que la marge est infime.
Une arithmétique électorale délicate
Sur le papier, trois listes étaient en capacité de se maintenir au second tour. Celles d'Émeric Lavitola et de Michel Cadet ont chacune obtenu 36 % des 10 259 bulletins exprimés, soit une participation de 56,19 %. La liste d'Antoine Audi, arrivée troisième avec 16,30 % des voix, détenait la clé de l'élection. Son retrait, annoncé dans la soirée, change radicalement la donne. « On va se retirer », a déclaré l'ancien maire, évoquant le spectre d'une défaite de la droite face à une gauche unie, comme en 2020.
Le calcul d'Antoine Audi était simple : 36 % (Cadet) + 16 % (Audi) = 52 %, une majorité potentielle. Cependant, Michel Cadet a rapidement écarté l'option d'une fusion, rappelant le précédent de 2014 où une liste s'était désistée. « La politique n'est pas affaire d'arithmétique », a-t-il coupé, se positionnant en force.
Les enjeux du second tour et les divisions
La gauche, quant à elle, n'est pas unie. La liste des Insoumis de Vincent Belloteau, qui a échoué à se maintenir avec 8,62 % des voix (en deçà des 10 % requis), a appelé à une « fusion technique » pour éviter une défaite. « Je vois la ville basculer à droite », a averti Belloteau, menaçant : « le maire sortant assumera l'entier responsabilité d'une défaite des forces de gauche » si aucun accord n'est trouvé.
Émeric Lavitola reste évasif sur cette possibilité. « L'option privilégiée, c'est de garder ma liste du premier tour. Mais les discussions ne sont pas fermées », a-t-il déclaré, tout en doutant que tous les électeurs d'Antoine Audi se reportent sur Michel Cadet. Pour le maire sortant, la stratégie consiste à diviser le camp adverse pour empêcher l'addition des voix.
Dans ce paysage fragmenté, même la liste de Lutte Ouvrière, avec son candidat Jonathan Almosnino, a exprimé sa satisfaction d'avoir permis « à 265 travailleurs d'exprimer un vote de classe », rappelant la diversité des sensibilités politiques en présence.
Le second tour s'annonce donc comme un véritable duel, où chaque voix comptera. La capacité d'Émeric Lavitola à rassembler la gauche face à un Michel Cadet bénéficiant du retrait d'Antoine Audi sera déterminante. Les Périgourdins devront trancher dimanche prochain dans une atmosphère de grande incertitude, où les alliances et les reports de voix décideront du futur maire de la ville.



