Des soupçons de fraude électorale perturbent la campagne au Bourget
La période délicate de l'entre-deux-tours des élections municipales au Bourget, en Seine-Saint-Denis, est actuellement marquée par une série de plaintes déposées pour des irrégularités présumées concernant des procurations lors du premier tour du scrutin. Ces allégations créent un climat particulièrement tendu dans cette ville d'environ 15 700 habitants située au nord de Paris, où le second tour s'annonce serré.
Des accusations qui divisent les candidats
Le candidat sans étiquette Mehdi Nezzar, arrivé en deuxième position avec 35,15 % des suffrages, a publié un communiqué mercredi affirmant que « les éléments recueillis laissent penser qu'il ne s'agit pas de faits isolés, mais d'agissements répétés dans différents bureaux de vote ». De son côté, le maire divers droite sortant Jean-Baptiste Borsali, arrivé en tête du premier tour avec 330 voix d'avance et 44 % des voix, a réagi vivement sur les réseaux sociaux en exigeant « la tolérance zéro face à toute tentative de fraude électorale » tout en qualifiant les accusations de « totalement infondées » à ce stade.
Des témoignages concrets et des plaintes déposées
Plusieurs électeurs ont rapporté des situations troublantes. Un chauffeur-livreur de 41 ans prénommé Nicolas, qui souhaite garder l'anonymat, s'est vu refuser son vote dimanche après avoir été informé que son vote avait déjà été pris en compte. Il a ensuite découvert qu'une procuration avait été établie frauduleusement en son nom au profit d'un inconnu, ce qui l'a conduit à déposer plainte. Ces signalements concerneraient plusieurs bureaux de vote selon l'opposition.
Un climat de suspicion qui s'installe
Certains membres de la liste de Mehdi Nezzar affirment, en s'appuyant sur des photos de listes d'émargement et divers témoignages, que des proches du maire sortant seraient liés à certaines des procurations litigieuses. Jean-Baptiste Borsali rejette catégoriquement ces « insinuations » et ces « rumeurs », appelant chacun à « mesurer la responsabilité de ses paroles et éviter d'alimenter un climat de suspicion qui ne sert ni la démocratie ni les habitants ». Le parquet de Bobigny, contacté sur cette affaire, n'avait pas réagi dans l'immédiat.
Ces événements interviennent alors que Jean-Baptiste Borsali a précisé dans son communiqué que « des situations préoccupantes ont été évoquées concernant l'exercice du droit de vote, notamment dans le cadre de certaines démarches liées aux procurations » lors du premier tour. La campagne électorale au Bourget se poursuit donc dans un contexte particulièrement sensible, où la crédibilité du processus démocratique est au cœur des préoccupations.



