Un retrait de campagne contesté qui déchire une équipe municipale
L'élection municipale de Saint-Loubès connaît un rebondissement judiciaire inattendu. François Spagnol, tête de la liste 100% pour Saint-Loubès et élu d'opposition (PS), a officiellement déposé plainte pour usurpation d'identité et diffamation contre ses propres colistiers. Cette démarche fait suite à la publication d'un communiqué annonçant son retrait provisoire de la campagne, un texte qu'il affirme n'avoir jamais autorisé.
Le communiqué du 17 mars qui a tout déclenché
Le premier coup de théâtre s'est produit le 17 mars dernier lorsqu'un communiqué publié sur le profil officiel de la liste 100% pour Saint-Loubès annonçait « le retrait provisoire » de la campagne de François Spagnol. Rédigé à la première personne du singulier, le texte évoquait « une attaque politique organisée, méthodique et délibérée » contre le candidat, suggérant que cette situation pouvait nuire au projet porté par l'équipe.
Ce communiqué semblait émaner directement de l'intéressé, confirmant ainsi la distance soudainement prise par cet élu qui travaille depuis six ans à reprendre la mairie. Pourtant, dès le lendemain, François Spagnol, par l'intermédiaire de son avocat Christophe Marciano, démentait catégoriquement en être l'auteur.
Une plainte qui vise directement les proches collaborateurs
Dans sa plainte déposée contre X, François Spagnol vise explicitement ses plus proches colistiers. Selon ses déclarations, ces derniers auraient produit et diffusé un communiqué en son nom sans son consentement. « Je ne suis pas manipulé : on m'a volé ma propre campagne et un projet que je travaille depuis six ans », a-t-il affirmé ce jeudi.
Le contexte de cette affaire est particulièrement tendu. Le candidat a fait l'objet d'une perquisition et d'une garde à vue le 5 mars dans un dossier de violences intrafamiliales, procédures dont il est ressorti libre sans mesure particulière, bien que l'affaire ne soit pas close. Depuis, sa campagne a connu plusieurs perturbations :
- Des affiches régulièrement taguées
- Une inscription sur le parvis de la Coupole
- Un classement en deuxième position au premier tour avec 33,74% des voix
La version de l'équipe de campagne
Chantal Quilico, deuxième sur la liste et collègue élue (PS) depuis douze ans, défend une version radicalement différente. « Ce texte a été rédigé et envoyé par François Spagnol », affirme-t-elle catégoriquement. Selon ses déclarations, le candidat traversait une épreuve difficile depuis plusieurs semaines et partageait l'idée d'un retrait lors d'une réunion d'équipe le lundi soir.
« Il n'était plus actuellement en position de porter le projet », explique-t-elle, ajoutant que depuis mardi midi, l'équipe n'a plus de nouvelles directes de François Spagnol mais reçoit des messages de son avocat et de son frère qui aurait pris la direction de campagne.
Les accusations précises portées dans la plainte
La plainte déposée par François Spagnol comporte plusieurs chefs d'accusation précis :
- Manœuvres frauduleuses ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à la sincérité du scrutin
- Usurpation d'identité « en ce que la publication laisse croire à une décision de retrait de M. Spagnol qu'il n'a pas prise au moment de sa diffusion »
- Diffamation publique, car la diffusion d'informations inexactes porterait atteinte à son honneur et à sa considération
Le tribunal administratif a également été saisi sur ce sujet, ajoutant une dimension juridique supplémentaire à ce conflit interne.
Une campagne profondément divisée à trois jours du second tour
La situation actuelle révèle des fractures profondes au sein de l'équipe de campagne. François Spagnol dénonce son blocage sur les réseaux sociaux et sur le groupe WhatsApp de l'équipe. Un de ses colistiers soutiens confirme la mise sous pression exercée sur le leader lors de la réunion du lundi soir, ainsi que le blocage de l'accès aux comptes de campagne.
Christophe Marciano, l'avocat de François Spagnol, décrit une stratégie délibérée : « Il a été mis sous pression par ses colistiers qui voulaient le mettre à l'écart. On lui dit que les deux autres listes ont des dossiers sur lui, que pour lui et ses proches, c'est préférable. »
Malgré les tensions, Chantal Quilico maintient sa position : « À aucun moment, je n'ai voulu être maire. En cas de victoire, j'assurerai l'intérim jusqu'à ce que François revienne, définitivement blanchi. »
Pourtant, un échange révélateur avec un colistier haut placé résume l'atmosphère délétère : « Si la liste 100% pour Saint-Loubès perd, vous en porterez l'entière responsabilité. Si elle gagne, vous ne serez pas maire de Saint-Loubès. » Une sérénité bien compromise à trois jours seulement d'un deuxième tour décisif.



