Municipales à Pessac : un soutien du RN qui fait polémique
Les derniers jours de campagne pour les élections municipales à Pessac sont marqués par une annonce qui crée la controverse. Le Rassemblement national, battu au premier tour le dimanche 15 mars, a officiellement appelé à voter pour le maire sortant Franck Raynal au second tour prévu le 22 mars.
Une alliance inattendue
Franck Raynal, candidat soutenu par Les Républicains, Horizons – dont il est le délégué départemental – et le parti présidentiel Renaissance, bénéficie donc du ralliement de l'extrême droite. Une situation qui ne manque pas de susciter des réactions vives dans l'opposition.
Le député socialiste Sébastien Saint-Pasteur, candidat d'une union de la gauche et des écologistes, a immédiatement réagi par un communiqué cinglant. « Nous condamnons avec fermeté cette dérive incompréhensible », a-t-il déclaré, appelant les habitants de Pessac à « exprimer leur attachement au front républicain et leur profonde désapprobation face à ce positionnement inacceptable » lors du scrutin.
Les résultats du premier tour
Au premier tour, Franck Raynal était arrivé en tête avec 41,02 % des suffrages, devant Sébastien Saint-Pasteur qui avait obtenu 29,82 %. L'ancienne ministre Bérangère Couillard avait quant à elle récolté 11,43 % des voix.
Interrogé sur ce soutien inattendu du parti d'extrême droite, le maire sortant a adopté une position pragmatique. « J'accueille ce soutien avec plaisir », a affirmé Franck Raynal, ajoutant : « Je pense qu'une majorité de Pessacais ne souhaite pas d'une majorité de gauche qui a montré sa difficulté à gérer au Département. »
Une vision inclusive des électeurs
Le candidat soutenu par la droite et le centre a poursuivi en défendant une conception large de l'électorat. « Je ne considère pas que les électeurs du RN sont frappés d'une sorte d'indignité. Je prends tous les Pessacais », a-t-il insisté, marquant ainsi sa distance avec la notion de front républicain traditionnellement invoquée pour faire barrage à l'extrême droite.
Cette position contraste fortement avec celle de son adversaire socialiste, pour qui ce ralliement représente une « dérive incompréhensible » qui remet en cause les fondamentaux de la vie démocratique locale.
Les électeurs de Pessac auront donc le dernier mot lors du second tour ce dimanche 22 mars, dans un contexte politique particulièrement tendu où les alliances habituelles sont bousculées par ce positionnement inédit du Rassemblement national.



