Municipales 2026 à Paris : Dati bénéficie de soutiens massifs de l'extrême droite
Paris 2026 : Dati soutenue par l'extrême droite

Municipales 2026 à Paris : le Rassemblement national rallie Rachida Dati

À quelques jours du second tour des élections municipales à Paris, la candidate Les Républicains Rachida Dati engrange des soutiens particulièrement marqués du côté de l'extrême droite. Marine Le Pen, Jordan Bardella et plusieurs élus du Rassemblement national ont publiquement appelé à voter pour elle, créant une situation politique inédite dans la capitale.

Le RN déploie son arsenal médiatique

La cheffe de file des députés RN a lancé un appel clair sur les réseaux sociaux : « Faire barrage » à Emmanuel Grégoire, le candidat de la gauche unie hors LFI. Cet appel intervient au lendemain du débat télévisé qui a opposé les principaux candidats à la mairie de Paris. L'argument principal avancé reprend celui utilisé par Rachida Dati elle-même : le scandale des agressions sexuelles dans le périscolaire parisien.

Emmanuel Grégoire n'a pas manqué de réagir vivement à ces soutiens. « Vous ne pourrez pas être élue dimanche maire de Paris sans le soutien explicite de l'extrême droite », a-t-il lancé à son adversaire. Le candidat socialiste a poursuivi en rappelant l'histoire politique française : « Imaginez-vous un seul instant Jacques Chirac élu maire de Paris avec le soutien de Jean-Marie Le Pen », dénonçant ce qu'il qualifie de « faute morale ».

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Une extrême droite unie derrière Dati

Les soutiens à Rachida Dati viennent de tous les horizons de l'extrême droite :

  • Jordan Bardella a affirmé sur le 20-Heures de TF1 que son vote se serait porté « à titre personnel » pour la candidate LR s'il avait été Parisien
  • Louis Aliot, maire RN de Perpignan réélu dès le premier tour, a déclaré qu'il aurait voté personnellement pour Rachida Dati
  • Le député Jean-Philippe Tanguy a appelé à voter pour la candidate LR pour « faire barrage à la gauche »

La candidate zemmouriste Sarah Knafo, qualifiée de justesse au second tour avec 10,4% des voix, s'est retirée de la course mardi en appelant ses électeurs à « chasser la gauche ». Bien qu'elle ait précisé que ce retrait n'était pas un soutien explicite à Rachida Dati, cette décision bénéficie clairement à la candidate de droite.

Des convergences programmatiques assumées

Rachida Dati a accueilli favorablement le retrait de Sarah Knafo, mettant en avant les « points de convergence » entre leurs deux programmes. Sur les ondes de CNews et Europe 1, l'ancienne ministre de la Culture a appelé les électeurs de la candidate d'extrême droite à lui « faire confiance ».

Cette position contraste avec son refus initial de fusionner avec Sarah Knafo, préférant s'allier avec le candidat Horizons Pierre-Yves Bournazel. Une alliance qui s'est révélée particulière puisque Bournazel ne figure finalement pas sur sa liste et reste silencieux depuis l'annonce de cette fusion.

Le silence gênant des centristes

Alors que l'extrême droite affiche ouvertement son soutien, le centre politique reste particulièrement discret. Seule Marlène Schiappa montre ostensiblement son appui à Rachida Dati, déclarant : « Je souhaite l'alternance à Paris. Je veux le changement ».

Cette position marque un revirement complet pour l'ancienne ministre de la Citoyenneté qui déclarait lors des municipales de 2020 : « Je n'ai rien à faire sur une liste conduite par Rachida Dati. Je préfère perdre une élection que perdre mes valeurs ».

LR et RN : un cordon sanitaire qui s'effrite

Les signes de rapprochement entre Les Républicains et le Rassemblement national se multiplient. Le compte X officiel des Républicains a repartagé ce jeudi un message du compte officiel du RN avec pour seule légende « Ctrl C + Ctrl V », suggérant une identité de positions sur les alliances à gauche.

Cette situation illustre comment le cordon sanitaire traditionnel entre la droite républicaine et l'extrême droite se distend progressivement, créant une configuration politique nouvelle à Paris comme au niveau national.

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La triangulaire à haut risque qui se profile pour le second tour des municipales parisiennes place ainsi Rachida Dati dans une position délicate : bénéficiant de soutiens explicites de l'extrême droite tout en cherchant à maintenir une respectabilité républicaine, elle doit naviguer entre des électorats traditionnellement antagonistes.