Nîmes : L'union de la droite face au RN et aux communistes pour le second tour
Nîmes : La droite unie contre le RN et les communistes

Nîmes : L'union précipitée de la droite face à la menace RN et communiste

« Je dis aux Nîmois : réveillez-vous ! » Ce mardi 17 mars, sous le soleil de l'Esplanade Charles-de-Gaulle, Franck Proust, le nouveau chef de file de la droite nîmoise réunie, a lancé un appel solennel aux 94 331 électeurs de la Rome française. Il les exhorte à un ultime sursaut face aux deux périls qui, selon lui, menacent la ville au second tour des élections municipales : le Parti communiste et le Rassemblement national.

Une alliance de dernière minute sous tension

À ses côtés, on retrouve l'ancien premier adjoint Julien Plantier et sa colistière de Renaissance, Valérie Rouverand. Pendant la campagne, les camps Proust et Plantier ne se sont guère épargnés, mais officiellement, au nom de l'intérêt supérieur des Nîmois, tout est oublié, tout est pardonné. « Nîmes par-dessus tout », proclame l'intitulé de la liste d'union.

Cependant, les tensions restent palpables : Valérie Rouverand a même esquivé la poignée de main à Franck Proust réclamée, pour l'image, par un photographe. Si la droite se rabiboche ainsi à la hâte, c'est qu'elle est en mode survie. Éclatée sur deux listes au premier tour, elle n'a réuni que 19,55 % pour Franck Proust et 15,55 % pour Julien Plantier et Valérie Rouverand.

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Le RN et la gauche unie en tête

Très loin devant, les deux gagnants sont au coude à coude. La liste du Rassemblement national menée par l'ancien maire de Beaucaire et député européen Julien Sanchez obtient 30,39 %, devançant de seulement 163 voix celle de la gauche unie (hors LFI), menée par le communiste Vincent Bouget avec 30,05 %.

« Je n'avais pas envie que ma ville tombe dans les bras de la gauche radicale ou du RN », assume Plantier. De son côté, Franck Proust justifie son engagement en évoquant le duel entre Bousquet et Lapierre en 1995, où la division de la droite avait offert les clés de la ville à une liste de gauche plurielle menée par le communiste Alain Clary.

Les électeurs de droite divisés

Mais tous les électeurs de droite ne sont pas convaincus par cette union de dernière minute. Annie, une retraitée rencontrée aux Halles qui a voté pour Franck Proust au premier tour, confie : « Je n'y crois pas à leur union, je suis déstabilisée. Je me demande si je ne vais pas voter blanc. » Claude, un électeur de Plantier, s'interroge également sur le vote utile et rechigne encore à voter Proust.

D'autres électeurs de droite rencontrés disent avoir l'intention de voter Bouget « pour ne pas avoir un maire d'extrême droite », ou hésitent à voter pour Julien Sanchez. Le candidat RN, quant à lui, assure croire à une mobilisation de l'électorat de droite qui ne veut pas des communistes et votera pour le mieux placé.

Les stratégies des candidats en lice

Julien Sanchez ne manque pas de saluer « les réussites » et « le travail » du maire LR sortant, Jean-Paul Fournier, et affiche sur sa liste les noms de plusieurs de ses adjoints ou ex-adjoints ayant rejoint le RN. Il raconte avoir tendu la main à plusieurs reprises à Franck Proust, lui proposant huit places sur sa liste après le premier tour, offre que ce dernier a déclinée avec ironie.

De l'autre côté, Vincent Bouget, le candidat communiste, tracte activement pour mobiliser les électeurs des quartiers populaires et convaincre les électeurs de droite du danger d'un maire d'extrême droite. Il s'agace des « fake news » circulant sur sa liste, qu'il doit démentir régulièrement.

Le soutien surprise de Dominique de Villepin

Le candidat communiste organise un « rassemblement populaire contre l'extrême droite » mercredi soir sur l'Esplanade à Nîmes. Et il devrait recevoir un renfort inattendu : l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac, Dominique de Villepin, très engagé contre l'extrême droite, devrait se déplacer à Nîmes jeudi pour appeler à voter pour Vincent Bouget, le mieux placé à ses yeux pour battre le candidat RN.

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Dans la même journée, l'ex-ministre des Affaires étrangères est également attendu à Marseille, en soutien du maire socialiste sortant, Benoît Payan, contre le RN Franck Allisio. À Nîmes, l'enjeu est crucial : « Ça va se jouer à quelques centaines de voix, voire à quelques voix », estime Vincent Bouget, tandis que Julien Sanchez prédit un résultat « probablement très serré ».