Municipales en Sud-Gironde : un renouvellement important des maires
La préfecture de la Gironde a rendu public, vendredi 27 février, le détail des listes déposées pour les élections municipales dont le premier tour est prévu dimanche 15 mars. Les candidats aux municipales 2026, qui se joueront les dimanches 15 et 22 mars, avaient jusqu'au 26 février pour déposer leurs listes. En Sud-Gironde, l'arrêté préfectoral officialisant le nombre de candidats révèle plusieurs enseignements majeurs sur le paysage politique local.
Un renouvellement significatif du corps municipal
Dans les 197 communes de la zone de couverture de « Sud Ouest » en Sud-Gironde, près d'un tiers des maires (29,4 %) ne se représente pas. Il y aura donc au minimum 58 nouveaux maires sur le territoire. À l'inverse, sur les 117 maires têtes de liste, 92 n'auront aucune opposition et devraient selon toute logique pouvoir enchaîner sur un nouveau mandat. Fait notable, 22 maires ont bien inscrit leur nom sur une liste, mais sans en prendre la tête.
La parité encore loin pour les têtes de listes
Pour la première fois, la parité est désormais obligatoire pour toutes les communes, y compris celles de moins de 1 000 habitants. Une contrainte qui a parfois relevé du casse-tête pour les candidats, mais qui ne se traduit pas en chiffres pour ce qui est des têtes de listes en Sud-Gironde. Sur 253 listes déposées, 77 sont menées par une femme contre 176 par un homme, soit un rapport d'un pour trois.
Les principales batailles électorales
Sans surprise, la sous-préfecture de Langon sera la ville la plus disputée avec quatre listes : le conseiller d'opposition Jean-Philippe Delcamp (Lutte ouvrière), le maire sortant Jérôme Guillem (PS), la sénatrice Florence Lassarade (LR) et François-Xavier Marques (RN). Plus en amont, à La Réole, la moitié des prétendants à la mairie n'a pas passé l'écueil du dépôt de liste. Tom Fazembat, qui avait déclaré sa candidature fin janvier, a finalement décidé de se retirer. Maxime Bonnefoux, candidat parti de rien en mai 2025, n'est pas parvenu à rassembler suffisamment de noms derrière lui. Restent donc le maire sortant, Bruno Marty (Place publique), qui fera face au candidat Rassemblement national Rémy Berthonneau.
Cadillac, Rions, Frontenac, Paillet et Barsac auront trois listes
Comme attendu, la bataille sera rude le long de la Garonne. À Rions, le maire sortant, Vincent Joineau, s'oppose à l'ancien maire Jean-Claude Bernard et Mike Pichardie vient jouer les invités surprise. À Paillet, « je pense que la campagne va être animée », confiait Jérôme Gauthier, le maire sortant, qui laisse son siège. Les trois prétendants – dont deux anciennes adjointes – sont parvenus à former une liste. À Barsac, où le match est bien lancé, trois candidats s'affrontent, dont le maire sortant, dans une campagne que vient pimenter l'ancien maire Philippe Meynard. À Cadillac, où il n'y aura finalement que trois listes, deux anciens adjoints se déchirent aussi tandis qu'une troisième liste espère en profiter pour se faire de la place. Dans cet inventaire, Frontenac, tout juste 800 habitants, est la commune la moins peuplée du lot.
Le RN s'implante progressivement en Sud-Gironde
Le Rassemblement national tient sa candidature dans la sous-préfecture du Sud-Gironde, « un symbole », comme l'a jugé un cadre du parti. Il sera aussi présent à La Réole, mais n'est pas parvenu à monter de liste à Castres-Gironde, où Gianni Francalanza a finalement retiré sa candidature mi-janvier, ni à Castets-et-Castillon avec Catherine Chauderon. Deux listes proches du parti ont aussi été déposées. La première, à Cabanac-et-Villagrain, est portée par un membre bien connu du parti, le conseiller régional Damien Obrador, qui s'est débarrassé du logo pour cette campagne. La seconde est celle portée par Cyril Deyts, à Cadillac, soutenue par plusieurs cadres locaux du Rassemblement national.
Six des dix plus grosses communes n'ont qu'une liste
Avec à chaque fois le maire sortant en tête de liste, une majorité des communes les plus peuplées du territoire traversera ses municipales sans suspense. À Bazas avec ses presque 5 000 habitants, Isabelle Dexpert fait cavalier seul. À La Brède aussi, le maire sortant Michel Dufranc a un boulevard, tout comme dans plusieurs communes proches de Bordeaux comme à Saint-Selve, Martillac et Saucats, ou même Castres-Gironde (11e commune en nombre d'habitants). Plus près de Langon, Christian Daire, le maire de Toulenne et ses 2 880 habitants (10e commune), part vers une réélection sans ciller.
Lartigue et Castelmoron-d'Albret avec deux listes
Les deux plus petites communes du territoire, Lartigue et Castelmoron-d'Albret, respectivement 41 et 50 habitants (47 et 56 inscrits), affichent les deux plus beaux ratios de candidats rapportés à 100 habitants du territoire, avec 30 pour la première et 21 pour la seconde. La raison est simple : deux listes ont été présentées dans chacune de ces communes où les débats entre voisins devraient donc être animés.
Vingt-deux maires candidats… Mais pas en tête
Y a-t-il une prime au sortant quand le maire n'est pas tête de liste ? Vingt-deux maires du Sud-Gironde ont en tout cas fait le choix de se présenter pour un nouveau scrutin municipal, mais ne sont pas en tête de liste. La majorité d'entre eux s'affiche en deuxième place, celle généralement attribuée au premier adjoint, à l'image de Mylène Morin, à Hure, Thomas Solans à Courpiac ou Mireille Morlet à Bourideys. Mais certains apparaissent bien plus bas, notamment Rodolphe Yung, maire sortant de Béguey qui n'arrive qu'en 7e position ou Éric Douence à Uzeste qui pointe à la 6e place.



