Municipales à Périgueux : des budgets de campagne de 4 000 à 40 000 euros selon les candidats
Municipales Périgueux : budgets campagne de 4 000 à 40 000 €

Municipales à Périgueux : des budgets de campagne de 4 000 à 40 000 euros selon les candidats

Selon la taille des communes, les règles du financement des campagnes électorales varient considérablement, avec la possibilité pour la plupart des candidats d'obtenir des remboursements de frais par l'État. Cependant, même dans ce cadre, des disparités importantes persistent, comme le montrent les comptes de campagne des cinq candidats aux municipales des 15 et 22 mars à Périgueux.

Les candidats jouent la carte de la transparence en alignant des dépenses allant de moins de 4 000 euros à près de 40 000 euros, révélant un grand écart financier entre eux. Cette différence s'explique principalement par le poids variable des dons, des prêts et du soutien financier des partis politiques.

Un mandataire financier obligatoire pour les communes de plus de 9 000 habitants

Financer sa campagne électorale pour les municipales 2026 ne s'improvise pas. À Périgueux, qui compte 29 055 habitants, les têtes de liste doivent impérativement désigner un mandataire financier, seul habilité à recueillir les fonds et à régler les factures. Cette règle s'applique à toutes les communes de 9 000 habitants et plus.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

En contrepartie, les candidats peuvent espérer un remboursement forfaitaire de l'État à hauteur de 47,5 % du plafond des dépenses, à condition que leur liste recueille au moins 5 % des suffrages exprimés au premier tour. Le plafond est calculé en fonction du nombre d'habitants. Pour Périgueux, préfecture de la Dordogne, il s'élève à 41 007 euros au premier tour et 57 273 euros pour le second tour, des montants qu'il ne faut pas dépasser.

Un point commun avancé par tous les candidats : la communication écrite (programmes, livrets, etc.) représente la part la plus importante des dépenses. Un avantage notable est que la Ville de Périgueux prête gracieusement à chaque candidat dix salles, dont deux grandes, pour leurs activités de campagne.

Deux candidats proches des plafonds de dépenses

Le budget du premier tour d'Émeric Lavitola, 46 ans, maire sortant socialiste soutenu par des partis de gauche, sera proche du plafond, autour de 40 000 euros. Michel Cadet, soutenu par Horizons, suit une trajectoire similaire. Émeric Lavitola est le seul candidat dont une partie du budget est financée par un parti politique.

« Sur le principe des cotisations d'élus versées au parti. Si vous cumulez tout ça sur un mandat, cet argent est redistribué au moment de la campagne, c'est une sorte de retour », explique le maire sortant. Son financement est assuré à 50 % par le PS, le reste provenant des autres partis de sa liste, des colistiers, du candidat lui-même (environ 10 000 euros), ainsi que de prêts et de dons.

Michel Cadet, 64 ans, qui brigue les voix de droite et du centre, mettra également la main au porte-monnaie, sous forme de prêt pour un quart du plafond. Le reste est exclusivement abondé par des dons et des prêts. « Tout est contrôlé à l'euro près », souligne-t-il, que ce soit pour les roses offertes le jour de la Saint-Valentin, l'emploi d'un musicien ou les spots de ses colistiers sur les réseaux sociaux.

« Ma communication, qui représente deux tiers de mon budget, est faite par un professionnel. C'est un métier. On a fait des cartons d'audience avec 350 000 vues entre le 28 janvier et le 14 février », précise le candidat. Il assume aussi le choix d'une permanence sur un temps réduit, depuis mi-février, où il est présent tous les jours durant deux heures.

Antoine Audi : une campagne sobre à 15 000 euros

L'ancien maire LR, Antoine Audi, 68 ans, qui a fait alliance avec Renaissance et l'Union des démocrates indépendantes, revendique « une campagne sobre ». Il part sur un budget prévisionnel de 15 000 euros au premier tour, « impressions comprises », dont 5 000 euros d'apport personnel. Le reste est financé par les colistiers, « à hauteur de leurs moyens », ainsi que par des prêts et des dons.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Parti en campagne un an après son ancien partenaire Michel Cadet, Antoine Audi se dit « maître de son horloge ». Il critique « les dépenses excessives des autres candidats », qu'il estime « majoritairement financées par le contribuable » (au mieux à 47,5 %). Il a renoncé à une permanence électorale pour privilégier « une campagne de terrain plutôt que des grands meetings ».

Vincent Belloteau : un financement 100 % militant

Tête de liste LFI, Vincent Belloteau, 49 ans, revendique un financement de campagne à 100 % militant, issu d'un comité de soutien de 130 personnes. La liste a collecté un budget total de 15 000 euros pour les deux tours, composé à 70 % de dons et à 30 % de prêts.

Le programme absorbe 65 % de la somme, la permanence 30 %, et les pots à la louche 5 %. « Il est clair que nous ne sommes pas à égalité sur la ligne de départ. Nous menons une petite campagne dans la débrouille permanente », analyse le candidat. Pour la vidéo, par exemple, « on finance la prise de vue à 500 euros, mais le montage, c'est nous ».

Pour alimenter ses réseaux sociaux, la liste de La France insoumise parie sur un community manager bénévole, une personne pour Tik Tok et Instagram, et une autre dédiée à Facebook.

Lutte ouvrière : le strict minimum avec moins de 4 000 euros

Le parti des travailleurs, dont c'est la première campagne municipale à Périgueux, ne prend pas en compte la possibilité d'être remboursé, car il lui faudrait obtenir 5 % des voix. « Pour nous, pas de joli programme sur papier glacé. Tout est financé par Lutte ouvrière, donc de l'argent des militants, travailleurs, chômeurs, retraités », explique Jonathan Almosnino, 38 ans, tête de liste.

Il ne donne pas de chiffres précis mais se base sur « un ratio dépenses habituelles de campagne/nombre d'électeurs ». « On sera à moins de 4 000 euros, c'est sûr », pronostique-t-il. Son objectif est de mener une « campagne de terrain devant les entreprises et dans les quartiers ». 99 % des frais de campagne financeront le matériel électoral minimum, à savoir les bulletins de vote et les circulaires recto verso.

Les règles de financement selon la taille des communes

La Commission nationale des comptes de campagne et de financement (CNCCFP) détaille les règles de financement des campagnes électorales. C'est la taille des communes qui donne le tempo :

  • Dans les communes de moins de 9 000 habitants, les candidats n'ont pas d'obligation et aucun remboursement public n'est prévu, à l'exception des dépenses de campagne « dites officielles » (affichage électoral, circulaires et bulletins de vote obligatoires).
  • Seules les communes de plus de 1 000 habitants peuvent espérer le remboursement exclusif de ces dépenses officielles.
  • Pour les communes de 9 000 habitants et plus, soumises à l'obligation de tenir un compte de campagne, la CNCCFP fournit un guide à l'usage des candidats et de leur mandataire. L'enjeu est de ne pas dépasser les plafonds sous peine d'inéligibilité ou de rejet de compte.

Ces disparités réglementaires et financières illustrent les défis auxquels font face les candidats aux élections municipales, où l'équité des moyens reste un enjeu majeur de la démocratie locale.