Castillon-la-Bataille : duel électrique entre Breillat et Chadourne pour les municipales
Municipales à Castillon : duel Breillat-Chadourne

Castillon-la-Bataille : une campagne municipale sous haute tension

Après des débuts mouvementés, la campagne électorale a repris ses droits à Castillon-la-Bataille, où chaque candidat défend avec conviction sa vision pour l'avenir de la commune. Le choc annoncé entre Jacques Breillat, maire sortant, et Sandrine Chadourne, candidate du Rassemblement National, se concrétisera lors du scrutin du dimanche 15 mars.

Un marché du lundi en observateur prudent

« Je ne suis pas d'ici », s'excuse presque un septuagénaire sur le marché hebdomadaire, provoquant l'amusement de ses voisins. Cette scène, loin d'être inédite, illustre la particularité de ce rendez-vous convivial du lundi. Lieu de retrouvailles et d'échanges, le marché attire des riverains des communes voisines comme Saint-Magne, Mouliets-et-Villemartin, voire même de Dordogne.

Ces habitués vivent la ville au quotidien et s'informent, mais restent souvent discrets sur leurs opinions politiques. « Moi ça ne compte pas », sourit Frédéric, originaire de Saint-Magne-de-Castillon. « Jacques Breillat est un copain. Je ne suis pas du même bord politique que lui mais c'est un mec droit et travailleur. » Concernant Sandrine Chadourne, il avoue simplement : « J'en ai entendu parler. »

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Plus loin, dans les rues adjacentes, les conversations prennent un ton plus confidentiel. Certains évoquent des préoccupations sur l'immigration, tandis qu'une véritable Castillonnaise préfère éluder le sujet, le jugeant « trop clivant ».

Une campagne qui démarre sur un terrain miné

La campagne électorale a débuté dans un climat particulièrement tendu entre le maire sortant Jacques Breillat, élu Horizons menant une liste sans étiquette, et sa challengère Sandrine Chadourne du RN. Cette dernière, initialement implantée à Pineuilh, a réalisé un score significatif de 47,83 % à Castillon-la-Bataille lors des précédentes élections.

Les tensions se sont exacerbées suite aux propos de la députée Edwige Diaz concernant l'action de Jacques Breillat au Département. L'incident le plus grave reste les menaces de mort proférées à son encontre par un internaute sur la page Facebook de Sandrine Chadourne, mettant littéralement le feu aux poudres.

Cette atmosphère électrique se ressent particulièrement entre le haut de la rue Victor-Hugo et l'angle de la rue Waldeck-Rousseau, où les deux permanences de campagne se font face à quelques dizaines de mètres seulement.

Deux visions radicalement opposées pour la commune

Jacques Breillat entend recentrer le débat sur les enjeux communaux. « Ce qui m'intéresse, c'est une campagne avec un bilan et un programme », affirme-t-il. Deux conceptions distinctes de Castillon-la-Bataille s'affrontent ainsi.

Sandrine Chadourne critique ouvertement le projet « Castillon 2032 », qu'elle qualifie de « faramineux » et dont le coût, même subventionné, représenterait selon elle une charge trop lourde pour la commune. Si elle est élue, elle promet de faire réaliser un audit complet des comptes publics.

Priorités affichées :

  • La réhabilitation des routes dégradées, notamment la rue Montesquieu et la rue Pierre-de-Coubertin
  • L'amélioration de la propreté urbaine, particulièrement sur les quais et le parking de l'école
  • La création d'un centre omnisports inspiré du modèle du Pays foyen

Le programme de revitalisation défendu par le maire sortant

Jacques Breillat défend avec conviction son projet de revitalisation du centre-bourg et prône un carrefour Gambetta-Talbot apaisé, contrairement à sa concurrente. Il présente un document « détaillé et chiffré » pour étayer ses propositions.

« Nous ne vivons pas le Castillon d'avant-hier. Je prends la ville avec les contraintes d'aujourd'hui pour créer la ville de demain », déclare-t-il. La sécurité des biens et des personnes constitue le premier axe de son programme.

« Ce qui se passe dans une petite ville a une résonance particulière », souligne-t-il, proposant de renforcer la présence de la police municipale, notamment en soirée, pour garantir la tranquillité publique et préserver l'attractivité du centre-ville.

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Concernant la revitalisation des allées de la République, il précise que « rien n'est arrêté » mais qu'il aura « à cœur de rénover en gardant la capacité de stationnement », un enjeu crucial pour le commerce local. Il met en avant vingt-et-une ouvertures nettes de nouvelles activités durant son mandat.

Parmi ses autres projets : la redynamisation du marché de plein air et la création d'une maison de santé pluriprofessionnelle dont « le permis de construire est en cours de finalisation ».

La piscine : dernier point de discorde majeur

Le projet de piscine municipale cristallise les divergences entre les deux candidats. Jacques Breillat espère qu'« avant la fin de l'année, au niveau de l'intercommunalité, nous prendrons une décision collective sur la construction d'un tel équipement ».

Sandrine Chadourne s'y oppose fermement, estimant « impossible pour la commune d'assumer de tels frais ». Deux styles, deux projets radicalement différents entre lesquels les Castillonnais devront choisir.

À la terrasse de la Taverne du Pélican, certains préfèrent échapper au débat politique. « On parle rugby... », confie un habitué, illustrant ainsi la diversité des préoccupations locales.

Réunions publiques décisives

Sandrine Chadourne (RN), candidate de la liste « Notre bataille : Castillon », animera une réunion publique le jeudi 12 mars à 19h30 au centre culturel de Castillon-la-Bataille.

Jacques Breillat (DVD), tête de la liste « Nous construisons l'avenir ensemble », organisera sa propre réunion le vendredi 13 mars à 20 heures dans la même salle, offrant aux électeurs une dernière occasion de comparer les projets avant le scrutin décisif.