Municipales à Agen : analyse détaillée des programmes des quatre listes en lice
Municipales à Agen : analyse des programmes des quatre listes

Municipales à Agen : quatre listes, quatre visions pour la ville

Le premier tour des élections municipales se tiendra dimanche à Agen, où quatre listes s'affrontent pour conquérir l'hôtel de ville. Sud Ouest a minutieusement analysé les programmes électoraux de chaque candidat, révélant des approches très différentes en termes de volume, de précision budgétaire et de priorités politiques.

Des documents de propagande de longueurs très variables

La palme de la concision revient sans conteste à Éric Lafond, tête de liste du Parti des travailleurs (extrême gauche), dont le programme tient en seulement deux pages articulées autour de quatre thématiques principales. À l'opposé, le maire sortant Jean Dionis (union du centre) présente un document de vingt pages détaillant 111 engagements. Entre ces deux extrêmes, on trouve Sébastien Delbosq (union des extrêmes droites) avec sept pages et 100 propositions, et Laurent Bruneau (union de la gauche) avec onze pages et 131 engagements.

Le chiffrage : une rareté dans les programmes

Seul Jean Dionis propose un cadre budgétaire précis, annonçant 60 millions d'euros consacrés aux nouveaux projets sur la base d'une épargne brute annuelle de 6 millions et d'une capacité de désendettement limitée à sept ans. Tous les candidats, à l'exception d'Éric Lafond qui n'aborde pas le sujet, s'engagent à ne pas augmenter les impôts locaux. Cependant, aucun des challengers ne fixe de montant d'investissement global pour le mandat.

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Sébastien Delbosq évoque une réduction des dépenses de fonctionnement d'un million d'euros par an grâce à « la maîtrise de la masse salariale et la chasse au gaspillage », ainsi que le versement de subventions aux associations « apolitiques » et « non communautaires ». Malgré ces annonces, aucun des quatre programmes ne chiffre concrètement les projets proposés.

Sécurité : des approches divergentes

Sur le thème de la sécurité, les propositions varient considérablement. Laurent Bruneau propose d'augmenter les effectifs de la police municipale pour atteindre un ratio d'un policier pour 1 000 habitants, ce qui impliquerait le recrutement de cinq ou six agents supplémentaires à Agen. Sébastien Delbosq, qui fait de cette thématique son premier axe de campagne, propose quant à lui de doubler les effectifs pour atteindre 54 policiers municipaux.

Jean Dionis annonce un objectif de 32 policiers municipaux à la fin du mandat, ainsi que l'augmentation du nombre de caméras de surveillance de 130 à 200 avec utilisation de l'intelligence artificielle. Ses concurrents n'avancent pas de chiffres précis dans ce domaine, privilégiant des approches plus qualitatives.

Laurent Bruneau parle d'optimisation avec une « charte d'éthique », une « concertation citoyenne », des « caméras mobiles » et une « adaptation des protocoles d'éclairage ». Il propose également un dispositif « mamie, papi school » avec le recrutement de bénévoles seniors pour encadrer les entrées et sorties des écoles.

Sébastien Delbosq maintient sa proposition controversée de couvre-feu pour les moins de 15 ans, malgré les contraintes juridiques, et s'engage sur la création d'une brigade d'intervention rapide, d'une brigade motorisée de sécurité routière, d'un réseau de voisins vigilants et d'une réserve communale de sécurité civile.

Santé : un domaine régalien investi par les candidats

La santé, pourtant un domaine de compétence régalien, devient un thème central de la campagne. Le Parti des travailleurs exige que les élus municipaux interviennent au niveau national pour que « le gouvernement mette fin à l'organisation de la pénurie des médecins ».

Laurent Bruneau et Sébastien Delbosq proposent tous deux la création d'un centre municipal de santé dont le personnel, médecins compris, serait salarié de la collectivité, sans préciser cependant le nombre de médecins concernés.

Jean Dionis s'avance davantage sur le recrutement concret de quatre médecins généralistes : deux à la maison de santé de Donnefort et deux autres dans un centre de santé municipal de centre-ville, tous salariés par la Ville.

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Propositions singulières et marqueurs politiques

Parmi les nombreuses propositions, certaines se distinguent par leur originalité. À gauche, Laurent Bruneau met en avant la réduction d'un euro pour les repas de cantine des élèves des écoles publiques (excluant donc les écoles privées), la création d'une « brigade verte » pour la propreté, d'un guichet unique des solidarités, d'un service de navettes fluviales sur le canal, et le retour à la gratuité des concerts des fêtes d'Agen.

À l'extrême droite, Sébastien Delbosq propose le retour à l'uniforme scolaire (bien que cette prérogative appartienne aux établissements et à l'Éducation nationale), l'apprentissage de l'hymne national sur le temps périscolaire, et un éclairage public sans extinction avec généralisation des lampadaires solaires. Il évoque également l'organisation d'une « feria de la Garonne » sans course landaise pour promouvoir « le bien-être animal ».

Jean Dionis, quant à lui, avance la création d'une voie verte reliant le pont-canal au parc de Passeligne, une exonération de taxe foncière pendant deux ans pour les jeunes primo-accédants, la création d'un comité des fêtes d'Agen, la transformation du marché-couvert en halles gourmandes et la modernisation du Conservatoire et d'Aquasud.

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Ces programmes révèlent ainsi des visions très contrastées pour l'avenir d'Agen, que les électeurs devront départager dimanche lors du premier tour des municipales.