Municipales 2026 à Sète : un premier tour imprévisible dans un paysage politique fragmenté
Municipales 2026 à Sète : un premier tour imprévisible

Municipales 2026 à Sète : un premier tour aux multiples incertitudes

Le suspense règne au-dessus de l'hôtel de ville sétois alors que le premier tour des élections municipales de 2026 approche. Avec un maire sortant élu depuis seulement dix mois, une gauche profondément divisée et un Rassemblement National affichant des ambitions décomplexées, le scrutin s'annonce particulièrement difficile à déchiffrer. Les pronostics sont ouverts et aucun camp ne semble assuré de l'emporter dans cette bataille électorale ouverte.

Un paysage politique redistribué après la démission de François Commeinhes

La démission de François Commeinhes en avril 2025 a complètement rebattu les cartes et chamboulé le paysage politique sétois. De cette situation a émergé Hervé Marquès (DVD), son successeur à la tête de la mairie. Tourné très rapidement vers 2026, l'ancien adjoint aux sports a été le dernier à officialiser sa candidature fin janvier, menant une campagne express qui capitalise sur les dernières réalisations du mandat qui s'achève, comme la halle Marty, la place Briand ou le contournement Est.

Bien que porteur de l'héritage Commeinhes, Hervé Marquès a montré, notamment dans la construction de sa liste, qu'il cherchait à s'en affranchir. Cette mise à distance a été très vite assumée par Pascal Pintre (DVD), qui fut le directeur de campagne de François Commeinhes en 2020. Le candidat Agir pour Sète, ancien directeur de l'agence Blue Invest, défend un projet de croissance raisonnée tourné vers un nouveau dynamisme économique.

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Une campagne marquée par les tensions et les ambitions du RN

Pascal Pintre ne cache pas avoir été malmené en cette fin de campagne, dénonçant des intimidations, des attaques mensongères et diffamatoires ainsi que diverses manœuvres de décrédibilisation. Un phénomène que Sébastien Pacull a également regretté à son égard. Le candidat RN, lui aussi proche de François Commeinhes par le passé puisqu'il fut son adjoint jusqu'en 2019, mène sa seconde campagne en son nom après celle de 2020 où il avait obtenu 14,38% au premier tour et 11,8% au second.

Six ans plus tard, le Rassemblement National espère jouer plus qu'un simple rôle d'arbitre à Sète, un territoire coché par le parti qui y affiche une ambition décomplexée. Porté par un contexte national favorable, le RN interprète comme un signe encourageant la réélection en 2024 de Lopez-Liguori sur la 7e circonscription. La dispersion potentielle des voix à droite et à gauche pourrait encore renforcer sa position.

Une gauche divisée entre deux visions distinctes

La gauche se présente en effet divisée pour ce premier tour, avec Sébastien Denaja (DVG) et Laura Seguin (UG) menant chacun leur barque. L'élu régional PS, candidat en 2020 où il avait terminé troisième au premier tour avec 17,66%, se positionne comme une alternative de centre gauche qui rassemble des sensibilités humanistes et progressistes. Dès le début de la campagne, il a refusé tout dialogue avec La France Insoumise et rapidement pris ses distances avec le mouvement citoyen Nouvelles Pages porté par Laura Seguin.

Cette dernière, investie par LFI-PCF-Les Ecologistes, se situe dans la continuité de la liste menée en 2020 par Véronique Calueba (deuxième avec 19,24%) et incarne l'union citoyenne de gauche et écologiste. Reste à savoir quel scénario peut s'écrire entre ces deux candidats dans la perspective de l'entre-deux-tours, un moment clé auquel les candidats Daniel Pilaudeau (Lutte ouvrière) et Josiane Amarger (Parti animaliste) auront du mal à s'inviter.

Un premier tour qui préfigure des recompositions politiques

La situation politique à Sète illustre les recompositions en cours dans le paysage municipal français. Avec un maire sortant installé depuis peu, des divisions marquées à gauche, une droite elle-même fragmentée et un extrême droit renforcé, le premier tour des municipales 2026 s'annonce comme un véritable test pour l'ensemble des forces politiques en présence. Les électeurs sétois devront trancher dans un contexte où les certitudes sont rares et les alliances post-premier tour incertaines.

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La campagne a mis en lumière les tensions internes, les stratégies de distinction et les ambitions contradictoires qui traversent la vie politique locale. Quel que soit le résultat du premier tour, il dessinera les contours des négociations et des rapprochements possibles avant le second tour, dans une ville où l'équilibre des forces semble plus fragile que jamais.