Élections municipales 2026 dans l'Agglomération de Saintes : 52 listes pour 36 communes
Municipales 2026 à Saintes : 52 listes pour 36 communes

Élections municipales 2026 : l'Agglomération de Saintes en ordre de bataille

À six jours du premier tour des élections municipales, les 36 communes de l'Agglomération de Saintes présentent toutes au moins une liste candidate. Avec les nouvelles règles de scrutin instaurées pour 2026, 34 de ces communes connaîtront leur équipe municipale victorieuse dès le dimanche 15 mars, marquant une évolution significative du paysage démocratique local.

Un territoire mobilisé avec 52 listes déclarées

Le territoire de l'Agglomération de Saintes compte précisément 36 communes. Pour ces élections municipales des 15 et 22 mars, pas moins de 52 listes ont été officiellement déclarées fin février à la sous-préfecture de Saintes. Cette configuration soulève plusieurs questions cruciales : qui sont les maires seuls en lice ? Quels édiles doivent composer avec un adversaire ou plusieurs concurrents ? Combien de femmes occupent des positions de têtes de liste ? Quelles sont les nouvelles règles qui régissent ce scrutin municipal 2026 ? Voici une analyse détaillée de la situation sur l'ensemble de l'agglomération saintaise.

Les maires « beunèzes » : 24 communes sans opposition

Sur l'Agglo de Saintes, les électeurs de 24 communes, soit 69,4% des 36 municipalités, n'auront qu'un choix unique lors du scrutin. Cette situation offre aux futurs maires concernés une campagne électorale particulièrement tranquille, contrastant fortement avec les épreuves récentes vécues par certains édiles sortants.

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Plusieurs maires ont en effet dû faire face aux graves inondations qui ont frappé la région ces dernières semaines. Que ce soit à Chaniers avec Éric Pannaud, aux Gonds avec Alexandre Grenot, à Rouffiac avec David Musseau, à Dompierre-sur-Charente avec Gaby Touzinaud ou encore à Courcoury, coupée du monde, avec Éric Bigot, tous ces élus ont été en première ligne pour gérer la crise. Il est à noter que la moitié des listes uniques sont menées par des maires sortants cherchant à poursuivre leur mandat.

Les maires chatouillés : dix communes avec duel électoral

Dix autres communes, représentant 25% du territoire, verront s'affronter deux listes concurrentes. Dans ce contexte, l'enjeu devient crucial : la liste qui parvient à atteindre la majorité absolue remporte directement l'élection. Avec les nouvelles règles de scrutin, à part une hypothétique égalité parfaite, le second tour devient obsolète puisque la majorité absolue suffit désormais pour s'imposer.

Les communes concernées par ces duels électoraux sont Fontcouverte, Écoyeux, Écurat, Pessines, Pisany, Varzay, Thénac, Saint-Sauvant et Saint-Georges-des-Coteaux. Pour six d'entre elles, les maires sortants doivent mener bataille pour conserver leur siège. À Saint-Georges-des-Coteaux, Frédéric Rouan affronte une partie de son opposition municipale. À Pessines, situation plus originale, c'est l'adjointe au maire, Christine Mesland, qui a décidé de faire cavalière seule face au maire sortant Philippe Delhoume.

Ces femmes qui mènent la danse : parité et nouvelles têtes

Trois candidates sont assurées de porter à nouveau leur écharpe tricolore de maire : Anne-Sophie Serra-Davisseau à Chérac, Chantal Coussot à Saint-Bris-des-Bois et Christelle Basso-Fin à Saint-Césaire. Ces trois femmes sont devenues maires au cours du mandat qui s'achève, suite à la démission des élus précédemment en place. Elles vont ainsi vivre pour la première fois pleinement un mandat complet aux commandes de leur vaisseau municipal.

À Burie, Marie-Christine Gilardin, pour sa première candidature, est également assurée de devenir maire. La situation à Écurat mérite une attention particulière : alors que Bernard Chaigneau, maire sortant, ne se représente pas, deux listes s'affrontent avec Laurent Michaud, actuel premier adjoint, et Laurent Casamia comme prétendants. Cependant, lors de la parution officielle des listes le mardi 2 mars, c'est Nadine Yonnet qui est apparue en première position. Le prétendant au poste de maire se retrouve ainsi relégué en deuxième position, conséquence directe des nouvelles règles de parité.

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Avec six femmes et cinq hommes sur sa liste, l'alternance stricte imposée par la loi oblige à débuter par une candidate féminine. « Ce soir, en réunion publique, je vais rappeler que je suis la tête de liste », a indiqué le candidat concerné. Au total, sept femmes (huit en comptant Nadine Yonnet) occupent des positions de têtes de liste sur l'ensemble des 52 listes déclarées.

Deux matchs plus disputés : Saintes et Corme-Royal en suspense

Sauf à ce qu'un candidat remporte plus de 50% des suffrages dès dimanche soir, les électeurs de Saintes et Corme-Royal devront jouer un match retour le dimanche 22 mars. Il s'agit là des deux seules communes sur les 36 que compte l'Agglo de Saintes à présenter trois listes ou plus.

À Saintes, pas moins de cinq candidats s'affrontent dont le maire sortant Bruno Drapron. À Corme-Royal, le maire sortant Alain Margat, reconnaissable à son célèbre nœud papillon et en poste depuis 2014, doit composer avec deux listes d'opposition. Une situation radicalement différente de l'élection de 2020 où sa liste était la seule en lice.

Ce qui change pour ce scrutin 2026 : nouvelles règles, nouveau paysage

Deux lois votées en 2025 viennent modifier substantiellement le scrutin municipal de 2026. Pour les communes de moins de 1 000 habitants, fini le panachage qui permettait aux électeurs de rayer ou d'ajouter des noms sur la liste. Désormais, la liste est bloquée, quelle que soit la taille de la commune.

Autre nouveauté majeure : la parité devient obligatoire avec une alternance stricte entre hommes et femmes sur les listes. Avec ce système de liste entière et bloquée, la majorité absolue (plus de 50%) suffit à remporter l'élection dès le premier tour.

Pour la répartition des sièges au sein des conseils municipaux, c'est la règle de la prime majoritaire qui s'applique. La liste qui arrive en tête reçoit automatiquement la moitié des sièges à pourvoir (arrondi à l'entier supérieur). Ensuite, l'autre moitié des sièges est distribuée entre toutes les listes – y compris la liste gagnante – qui ont obtenu au moins 5% des suffrages exprimés.

Ces changements réglementaires transforment profondément la dynamique des élections municipales, avec des conséquences immédiates sur la campagne en cours dans l'Agglomération de Saintes où l'enjeu démocratique se joue désormais sous de nouvelles règles du jeu.