Municipales 2026 : un scrutin aux enjeux nationaux
Malgré un contexte international chargé, la campagne des élections municipales s'achève ce vendredi soir, avant le premier tour fixé à dimanche. Quelque 48,7 millions d'électeurs sont appelés aux urnes dans environ 35.000 communes françaises, avec une participation qui s'annonce particulièrement forte.
Une participation attendue en nette progression
Selon un baromètre Odoxa-Backbone pour Le Figaro publié jeudi, la participation au premier tour devrait se situer entre 65% et 71%. Ce chiffre représente une hausse significative par rapport aux derniers scrutins du même type. Une participation à 68%, soit le milieu de cette fourchette, constituerait un bond d'environ cinq points par rapport aux élections de 2014.
L'enquête révèle que 78% des personnes interrogées déclarent s'intéresser à ces scrutins locaux organisés les 15 et 22 mars. Cependant, cette participation varie considérablement selon les profils démographiques :
- 80% des retraités et plus de 65 ans devraient voter
- 66% des cadres supérieurs
- Seulement 50% des jeunes
- 54% des ouvriers
Cette hausse contraste avec les élections municipales de 2020, organisées en pleine pandémie de Covid-19, qui avaient conduit de nombreux électeurs à s'abstenir par crainte sanitaire.
Paris : un affrontement politique de haute intensité
Dans la capitale, l'affrontement entre Rachida Dati et Emmanuel Grégoire atteint son paroxysme à trois jours du premier tour. Les deux candidats ont tenu jeudi leurs derniers meetings devant des partisans galvanisés.
Rachida Dati, candidate LR et MoDem pour la mairie de Paris, a appelé à l'union contre ce qu'elle qualifie de « gauche radicale ». Devant plus d'un millier de sympathisants réunis à l'Elysée Montmartre, elle a averti de manière solennelle : « L'élection va être très serrée ». Ses troupes ont scandé « On va gagner » en présence d'importantes personnalités politiques dont Gérard Larcher, président du Sénat, l'ancien Premier ministre Michel Barnier et plusieurs membres du gouvernement.
Quelques minutes plus tard, au Cirque d'Hiver, Emmanuel Grégoire s'est adressé à environ 3.000 soutiens selon son équipe. Il a exhorté à « résister contre l'alliance de la droite et de l'extrême droite » et lancé : « Nous allons montrer, dès le premier tour, que Paris n'est pas une ville d'extrême droite ». Le candidat a également décoché plusieurs flèches à l'encontre de Sarah Knafo, candidate du parti Reconquête.
Le Havre : un enjeu national pour Édouard Philippe
L'élection s'annonce également tendue au Havre, où l'ancien Premier ministre Édouard Philippe est loin d'être assuré de l'emporter. Ce scrutin local revêt une importance particulière en vue de l'élection présidentielle de 2027.
Selon un sondage paru en février, Édouard Philippe serait battu au second tour par le candidat communiste Jean-Paul Lecoq en cas de triangulaire. Cette situation illustre les difficultés que rencontrent certaines figures nationales dans des batailles locales.
Un scrutin qui se jouera largement au premier tour
Près de 900.000 candidats se présentent au premier tour, répartis sur environ 50.000 listes selon le ministère de l'Intérieur. Une enquête du Cevipof révèle que 63% des maires sortants se représentent, soit une baisse de près de dix points par rapport à 2014 où 72% des maires sortants s'étaient représentés.
Dans quelque 32.000 communes (soit 93% du total), le maire sera élu dès le premier tour dimanche. Cette situation s'explique par la présence d'une seule liste dans 23.700 communes, ou de seulement deux listes dans environ 8.500 communes.
À l'inverse, certaines villes offrent un large choix aux électeurs. Montpellier détient le record avec pas moins de 13 listes enregistrées pour ce scrutin.
Ces élections municipales de 2026 s'annoncent donc comme un test politique majeur, mêlant enjeux locaux et considérations nationales, avec une participation citoyenne qui semble retrouver des couleurs après les années de pandémie.



