Les élections municipales de 2026 en Charente : un scrutin démocratique intense
Les 359 villes et villages du département de la Charente s'apprêtent à renouveler intégralement leurs conseils municipaux à l'issue des deux tours de scrutin prévus les dimanches 15 et 22 mars 2026. Le délai pour déposer les candidatures a expiré jeudi 26 février 2026 à 18 heures, marquant le point de départ officiel de la campagne électorale. Dans chaque département, les préfets ont désormais arrêté les listes autorisées à participer au premier tour, verrouillant ainsi le paysage électoral pour les semaines à venir.
Un engagement citoyen remarquable en Charente
En Charente, les services de l'État ont validé pas moins de 481 listes électorales, rassemblant un total impressionnant de 7 570 candidats pour 5 290 sièges à pourvoir dans l'ensemble des 359 communes du territoire. Une particularité notable : aucun village charentais ne se trouve dépourvu de candidat, contrairement à certaines situations observées ailleurs en France. « À l'issue du scrutin, chacune des communes de Charente disposera ainsi d'un conseil municipal renouvelé », a souligné le préfet Jérôme Harnois, qui s'est « réjoui de la vitalité démocratique que traduit le nombre de candidatures ».
La parité respectée dans les listes
La question de la parité trouve une réponse positive dans ce scrutin. On dénombre exactement 3 679 femmes parmi les 7 570 candidats, soit un pourcentage de 48,6 %. Parmi ces candidates, 380 se présentent également aux conseils communautaires et 128 occupent la position de tête de liste. Sur les 481 équipes soumises au suffrage des Charentais, 26,6 % sont menées par une femme, un chiffre légèrement supérieur à la moyenne régionale de 25,7 % dans la zone de diffusion du journal Sud Ouest.
Il convient de préciser que le scrutin à liste paritaire, composée alternativement d'une femme et d'un homme ou inversement, a été généralisé à toutes les communes. Jusqu'à l'adoption de la loi du 21 mai 2025, cette règle ne s'appliquait qu'aux villes de plus de 1 000 habitants, marquant ainsi une avancée significative pour l'égalité femmes-hommes dans la vie politique locale.
Des enjeux variables selon les communes
Le scrutin ne présente pas le même degré de compétition partout. Dans 258 communes, soit près des trois quarts des villes, bourgs et villages de Charente, une seule liste se présente aux électeurs. Dans ces cas, le résultat sera acquis dès le premier tour du 15 mars, sans nécessité de second tour.
Une situation particulière mérite d'être signalée : dans 19 communes, on compte moins de candidats que de sièges à pourvoir au conseil municipal. Ces communes sont Abzac, Angeac-Charente, Bouëx, Chillac, Coulonges, Fouqueure, Lupsault, Lussac, Mouzon, Pleuville, Poullignac, Raix, Saint-Georges, Val-d'Auge, Sainte-Souline, Souffrignac, Triac-Lautrait, Valence et Ventouse. Cette configuration n'est pas problématique, car la loi du 21 mai 2025 a prévu des mesures d'adaptation pour les communes de moins de 1 000 habitants. « Les listes sont considérées comme complètes dès lors qu'elles comptent jusqu'à deux candidats de moins que l'effectif théorique du conseil municipal ».
Les duels et triangulaires du 15 mars
Les électeurs de 89 communes de Charente auront le choix entre deux listes le 15 mars. Parmi les situations les plus emblématiques, citons Barbezieux-Saint-Hilaire (4 738 habitants) où deux équipes classées divers droite s'affrontent. L'une, intitulée Ensemble à Barbezieux-Saint-Hilaire, agissons pour l'avenir, est menée par Vincent Renaudin, 38 ans, avec le soutien du maire sortant André Meuraillon. L'autre, Un nouveau souffle à l'écoute de tous pour Barbezieux-Saint-Hilaire, est conduite par Stéphane Degas, 56 ans.
Dans huit communes, les électeurs auront le choix entre trois listes : Bonnes (près d'Aubeterre-sur-Dronne), Cognac, Gond-Pontouvre, Linars, Marthon, Puymoyen, Ruffec et Torsac. À Cognac, deuxième ville du département, le maire sortant Morgan Berger (divers droite) brigue un deuxième mandat sous la bannière Notre parti c'est cognac. Il fait figure de favori face à Adrien Hoffmann (RN) et Romuald Carry (DVG), ce dernier bénéficiant du soutien du PS, du PCF et des écologistes.
Les rares quadrangulaires et le cas d'Angoulême
Seules trois communes connaîtront une compétition à quatre listes : Cellefrouin, La Rochefoucauld et Soyaux. Dans cette dernière, troisième ville du département avec un peu plus de 10 000 habitants, le maire sortant François Nebout, 76 ans, qualifié de gaulliste social, brigue un septième mandat record avec sa liste Ensemble préparons l'avenir (étiquetée divers centre). Il affronte deux opposants habituels et une militante de La France insoumise.
Le cas le plus spectaculaire reste celui d'Angoulême, capitale mondiale de la bande dessinée, où pas moins de neuf équipes s'affrontent pour succéder au maire sortant Xavier Bonnefont (divers droite) qui brigue un troisième mandat. La campagne y est particulièrement animée avec des listes représentant tout l'éventail politique :
- L'essentiel, c'est vous (Xavier Bonnefont, divers droite)
- Redessinons Angoulême (Didier Peirin, Rassemblement national)
- Agir pour Angoulême (Jean-Christophe Compain, Reconquête !)
- Choisissons Angoulême avec Patrick Mardikian (Patrick Mardikian, divers gauche)
- Angoulême Collectif 2026 (Christophe Duhoux-Salaberry, Les Écologistes)
- L'Union Populaire Angoulême (Anne-Aziliz Petit-Louboutin, La France insoumise)
- Changer la ville (Raphaël Manzanas, Parti socialiste)
- Lutte Ouvrière – le camp des travailleurs (Olivier Nicoale, LO)
- Angoulême vous aime (Vincent You, divers droite)
À noter que dans la zone de diffusion de Sud Ouest, seule Bordeaux compte plus de listes avec onze formations en lice.



