Municipales 2026 : l'engagement politique d'une nouvelle génération dans le Gard
Alors que les élections municipales de mars 2026 approchent, une tendance émerge dans le Gard rhodanien : des jeunes de 18 à 23 ans décident de s'impliquer activement dans la vie politique locale. À Bagnols-sur-Cèze, Pont-Saint-Esprit et La Roque-sur-Cèze, quatre colistiers représentent cette volonté de renouvellement générationnel.
Un constat d'abstention qui motive l'engagement
Le contexte est éloquent : lors des municipales de 2020, 70% des moins de 35 ans se sont abstenus, soit sept jeunes sur dix. À l'inverse, les plus de 70 ans ont voté deux fois plus. Ce fossé démocratique pousse aujourd'hui certains jeunes à prendre les devants en se présentant comme candidats aux prochaines élections.
Quatre parcours, une même volonté de changement
À Pont-Saint-Esprit, Enzo Garcia Ortega, 23 ans, s'est lancé "par curiosité". Le jeune homme, en reconversion pour devenir préparateur pharmaceutique, explique : "En tant que jeune adulte, la politique peut être quelque chose d'encore assez floue. Je voulais voir comment se passe une élection et comprendre le système de l'intérieur." Premier de sa famille à s'engager politiquement, il a consacré du temps à discuter avec les habitants pour mieux comprendre leurs préoccupations.
À Bagnols-sur-Cèze, Ayoub Lamsayeh, 23 ans, étudiant en master finances, découvre la gestion de campagne et le contact avec les citoyens. "Je n'ai pas l'habitude de discuter avec eux de sujets sensibles comme la sécurité, le logement...", reconnaît-il. Ayant grandi aux Escanaux, il souligne : "Par mon lieu de naissance, je ne me dirigeais pas forcément vers la politique. C'est un monde hors du mien mais j'ai envie d'en faire partie pour apporter un point de vue nouveau."
À La Roque-sur-Cèze, Mathéa Sénégas, 18 ans, en BTS tourisme, veut "apporter de la jeunesse" à son village. "Quand je voyais certaines décisions qui étaient prises, je les trouvais parfois un peu vieillissantes", confie-t-elle. Fille d'un élu municipal, elle découvre les complexités budgétaires et administratives.
À Bagnols-sur-Cèze également, Jules Pépin, 18 ans, étudiant en gestion des entreprises, a surmonté ses craintes initiales pour s'engager. "Je ne connaissais pas forcément l'histoire de Bagnols et les personnes plus âgées m'en ont parlé. C'est très enrichissant", témoigne-t-il.
Apporter une perspective jeune et moderne
Ayoub Lamsayeh insiste sur son rôle : "En étant le plus jeune, j'apporte de la fraîcheur, un regard frais sur les réseaux sociaux. Je suis dans une démarche pour toucher les 18-25 ans." Déjà encarté chez Horizons, il envisage une carrière politique progressive, commençant par l'échelle locale avant de viser le départemental et le régional.
Mathéa Sénégas, qui votera pour la première fois, rappelle l'importance du vote jeune : "À 18 ans, on devient un vrai citoyen. Notre vote, en tant que jeune, est important."
Enzo Garcia Ortega espère quant à lui "faire entendre la voix de la jeunesse" s'il est élu au conseil municipal.
Un apprentissage mutuel entre générations
Ces jeunes colistiers soulignent tous l'enrichissement de leur expérience. Ils bénéficient des explications des colistiers plus expérimentés, notamment sur les aspects budgétaires complexes, tout en apportant leur propre perspective sur la vie locale. Jules Pépin témoigne ainsi de "comment ça se passe en tant que jeune à Bagnols", contribuant à une vision plus complète des besoins de la commune.
Cette dynamique intergénérationnelle pourrait bien redessiner le paysage politique local, en intégrant enfin la voix d'une jeunesse trop longtemps absente des urnes et des instances décisionnelles.



