Municipales 2026 : le PS et LFI tissent des alliances locales malgré les divisions
En vue du second tour des élections municipales prévu dimanche 22 mars 2026, la question des alliances entre La France insoumise et le Parti socialiste a profondément fracturé la gauche, oscillant entre une évidence stratégique et un choix considéré comme radioactif par certains. Dès lundi, la gauche a décidé de faire front commun dans plusieurs grandes villes, avec le PS concluant de nombreux accords locaux avec LFI. Toutefois, des exceptions notables subsistent, notamment à Paris et Marseille, où les candidats socialistes ont refusé toute fusion.
Paris : une fusion impossible malgré les appels de LFI
Dans la capitale, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire, arrivé en tête avec 37,98 % des voix, devance Rachida Dati (25,46 %). Cette avance confortable est néanmoins menacée par le maintien de la candidate LFI Sophia Chikirou, qui a réuni 11,72 % des suffrages. Ses appels à une fusion technique sont restés lettre morte, les relations entre les deux camps étant très dégradées. Un élu du camp Grégoire a fustigé cette demande, soulignant que Mme Chikirou avait passé son temps à critiquer la gauche tout en épargnant la droite et l'extrême droite avant le premier tour.
Lyon : LFI rejoint la liste écologiste de Grégory Doucet
À Lyon, LFI a rejoint les listes du maire écologiste sortant Grégory Doucet lundi, un apport indispensable pour espérer battre Jean-Michel Aulas. Il s'agit d'un accord technique, sans modification du programme ni promesse de sièges dans l'exécutif en cas de victoire. Cette alliance illustre la stratégie de rassemblement mise en œuvre dans certaines villes pour contrer la droite.
Marseille : Benoît Payan rejette catégoriquement toute alliance avec LFI
Dans la cité phocéenne, le maire sortant socialiste Benoît Payan, arrivé premier avec 36,70 % des voix, a fermement refusé toute alliance avec le candidat LFI Sébastien Delogu, quatrième avec 11,94 % des suffrages. Il a déposé sa liste pour le deuxième tour, excluant définitivement toute option d'alliance contre le Rassemblement national, talonnant avec 35,02 %. Delogu a finalement annoncé son retrait, conduisant à une triangulaire avec Martine Vassal, soutenue par la droite et le centre.
Toulouse : une fusion derrière l'insoumis François Piquemal
À Toulouse, François Piquemal (LFI) et François Briançon (PS-Ecologistes) ont annoncé une liste commune pour s'opposer au sortant divers droite Jean-Luc Moudenc, arrivé en tête avec 37,23 % des voix. Cette fusion permettrait à Piquemal de se présenter comme candidat à la mairie, tandis que Briançon viserait la métropole toulousaine.
Nantes : Johanna Rolland scelle un accord après d'intenses tractations
La maire socialiste sortante Johanna Rolland, talonnée au premier tour par l'union de la droite et du centre, a annoncé un accord de fusion avec LFI lundi soir. Elle a déclaré qu'il s'agissait d'une fusion démocratique, essentielle pour éviter ce qu'elle qualifie de hold-up du siècle.
Autres villes : des alliances variées et des refus persistants
Grenoble : Laurence Ruffin (collectif écologiste et de gauche) et Allan Brunon (LFI) ont conclu un accord technique.
Besançon : La maire écologiste Anne Vignot s'allie avec LFI pour battre la droite.
Avignon : La liste LFI fusionne avec celle des socialistes pour contrer la droite et l'extrême droite.
Lille : La liste écologiste de Stéphane Baly fusionne avec celle du maire socialiste Arnaud Deslandes, excluant LFI.
Limoges : Damien Maudet (LFI) fusionne avec Thierry Miguel (PS-PCF-Place publique).
Clermont-Ferrand : Olivier Bianchi (PS) et Marianne Maximi (LFI) scellent un accord technique.
Brest : François Cuillandre (PS) s'allie avec LFI dans le cadre d'une fusion technique.
Poitiers : Léonore Moncond'huy (écologiste) et Bertrand Geay (LFI) annoncent la fusion de leurs listes.
Amiens : Frédéric Fauvet (union de la gauche) refuse toute alliance avec LFI.
Strasbourg : Jeanne Barseghian (Les Ecologistes) et LFI s'allient contre la socialiste Catherine Trautmann, provoquant des rebondissements avec le retrait de Place publique et l'alliance de Trautmann avec Horizons.
Ces alliances locales, bien que nombreuses, suscitent de vives critiques, notamment de la part de Raphaël Glucksmann (Place publique), qui les juge ni éthiquement justes ni électoralement payantes. L'absence d'accord national entre le PS et LFI accentue les divisions, créant un paysage politique contrasté à l'approche du second tour.



