Municipales 2026 dans le Gard : 8 maires sur 15 ne se représentent pas dans une communauté de communes
Municipales 2026 : 8 maires sur 15 ne se représentent dans le Gard

Un renouvellement massif des édiles dans l'ouest gardois

La communauté de communes Causse Aigoual Cévennes Terres Solidaires, située dans l'ouest du département du Gard, s'apprête à vivre un profond renouvellement de sa classe politique locale à l'occasion des élections municipales de 2026. Sur les quinze maires actuellement en fonction, huit ont en effet décidé de ne pas se représenter, créant une situation inédite dans ce territoire rural.

Une application stricte de la loi qui complique les candidatures

Pour la première fois, la législation électorale impose aux petites communes de moins de mille habitants la présentation de listes complètes et paritaires, mettant fin à la pratique du panachage qui prévalait jusqu'alors. Cette nouvelle règle constitue une véritable révolution pour ces villages où les arrangements informels étaient monnaie courante.

La commune de Trèves illustre parfaitement les difficultés engendrées par cette réforme. Le maire sortant, Régis Valgalier, n'a pas réussi à constituer une liste de neuf candidats, ce qui entraînera la mise sous tutelle de la municipalité par la préfecture. Une situation qui contraste avec les élections précédentes où il suffisait d'imprimer des bulletins à son nom sans se préoccuper du reste.

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Des motivations variées pour le non-renouvellement

Les raisons de ces non-candidatures sont multiples et reflètent la diversité des situations locales. À Lanuéjols, Alexandre Vigne a longtemps hésité avant de finalement être « délivré » de son engagement par la formation d'une liste concurrente. « J'avais prévenu depuis un moment que je ne repartais pas, et que si l'un ou l'autre se sentait d'y aller dans mon équipe, je passerais le relais en douceur », explique-t-il.

L'âge avancé de certains édiles constitue un autre facteur déterminant. Madeleine Macq, maire de Revens depuis trois mandats, passe la main à 86 ans tout en restant sur la liste pour accompagner la nouvelle équipe. « À Revens, nous sommes 37 habitants, et il y a vraiment un côté familial, on s'entend tous bien », confie-t-elle, soulignant l'atmosphère particulière de ces micro-communes.

Des spécificités locales marquées

Le territoire de la communauté de communes présente des caractéristiques uniques avec ses quinze communes réparties sur une zone nécessitant jusqu'à deux heures de route entre les villages les plus éloignés. Cette dispersion géographique ajoute une complexité supplémentaire à l'organisation politique locale.

Certains maires expérimentés choisissent cependant de se représenter, comme Christian Evêsque à Causse-Bégon (25 habitants) ou François Abbou à Peyrolles-en-Cévennes (30 habitants), ce dernier briguant un cinquième mandat après une première élection en 1995.

Des élections aux enjeux variés

Dans certaines communes, le scrutin s'annonce plus disputé. À Dourbies (177 habitants), deux listes s'affrontent pour succéder à Irène Lebeau qui ne se représente pas. À Lasalle, Henri de Latour, maire depuis 2008 et âgé de 78 ans, passe la main après seize années à la tête de la municipalité.

D'autres situations sont plus particulières. Jacques Hilaire à L'Estréchure était devenu maire après le décès successif de la titulaire puis du premier adjoint. Aux Plantiers, Alexis Bosio se représente après avoir pris la suite en cours de mandat de Bernard Mounier, maire au moment du double assassinat qui a marqué le village en 2021.

Un dernier acte politique avant le renouvellement

Les maires sortants de Causse Aigoual Cévennes Terres Solidaires se réuniront une dernière fois le 4 mars pour voter le budget, permettant ainsi de dégager leurs successeurs potentiels de cette charge administrative importante. Joël Gauthier, président de la communauté de communes depuis 2020 et maire de Val d'Aigoual, avait initialement envisagé de passer la main mais a finalement décidé de se représenter malgré des problèmes de santé.

« J'avais plutôt dit que je laisserai la main, mais on verra avec les nouveaux maires », confie-t-il, illustrant les hésitations qui traversent cette période de transition politique. Son mandat avait débuté dans la douleur avec les inondations destructrices de septembre 2020 qui avaient causé le décès d'un employé communal.

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Ce renouvellement massif des équipes municipales dans l'ouest gardois témoigne des défis spécifiques auxquels sont confrontées les petites communes rurales, entre vieillissement des élus, difficultés de recrutement et adaptation à une législation électorale plus contraignante.