Municipales 2026 à Montpellier : Un second tour aux configurations multiples et incertaines
À trois semaines et demie du premier tour des élections municipales de 2026 à Montpellier, le premier sondage Ifop commandé par Midi Libre dessine des scénarios électoraux extrêmement ouverts. L'étude, qui teste les configurations possibles du second tour, révèle que la course pour la mairie pourrait aussi bien se résumer à un duel classique qu'à une pentagulaire inédite, tant les candidats sont nombreux à frôler la barre fatidique des 10% nécessaire pour se qualifier.
Une qualification serrée pour de nombreux prétendants
Selon les données de l'institut de sondage, seuls deux candidats apparaissent assurés de leur place au second tour : le maire sortant socialiste Michaël Delafosse et la candidate de La France insoumise Nathalie Oziol. Derrière ce duo, la situation se révèle beaucoup plus tendue. Quatre autres têtes de liste se tiennent dans un mouchoir de poche, toutes susceptibles de franchir le seuil requis ou de le manquer de peu.
- Rémi Gaillard arrive en troisième position avec exactement 10% des intentions de vote.
- L'ancien maire Philippe Saurel et l'homme d'affaires Mohed Altrad suivent de près avec 9% chacun.
- La candidate du Rassemblement National France Jamet obtient 8%, auxquels pourraient s'ajouter les 2% de son allié Thierry Tsagalos de l'UDR.
« Beaucoup de candidats flirtent avec cette barre fatidique des 10% », souligne le politologue Michel Crespy. « Or ce qui fera la différence, c'est l'abstention, cette capacité à faire voter pour son camp. Ce sera le premier chiffre à regarder de près, au soir du premier tour. »
La domination de Delafosse face à des scénarios variables
Dans toutes les hypothèses testées par l'Ifop, Michaël Delafosse conserve une avance confortable, devançant ses concurrents de 21 points en moyenne. Cependant, cette domination apparente ne signifie pas pour autant une victoire acquise d'avance, car l'équilibre des forces varie considérablement selon le nombre de listes qualifiées.
Dans le scénario d'une triangulaire opposant Delafosse, Oziol et Saurel, le maire sortant atteindrait 50% des intentions de vote, contre 29% pour l'ancien maire et 21% pour la candidate insoumise. « L'ordre d'arrivée me paraît difficile à inverser désormais, car les sondages se suivent et se ressemblent », analyse Michel Crespy.
La configuration se complexifie notablement dans l'hypothèse d'une quadrangulaire incluant Mohed Altrad. Dans ce cas, Delafosse reculerait à 43%, devant Oziol à 22%, Altrad à 18% et Saurel à 17%. « La dispersion des candidatures réduit l'écart et rend le second tour plus incertain politiquement », estime le politologue montpelliérain.
Les clés d'un second tour imprévisible
Frédéric Dabi, directeur général de l'Ifop, promet « une grande incertitude » concernant ce second tour, évoquant davantage le nombre de participants potentiels que l'issue finale elle-même. Pour Michel Crespy, le maire sortant bénéficie cependant d'atouts solides : « un bon bilan, d'un programme compréhensible et d'une équipe plutôt soudée derrière lui. Sans casserole, il a de très bonnes cartes en main. »
Philippe Saurel pourrait quant à lui « réunir les mécontents de Michaël Delafosse sur des questions de transports ou de chantiers, même si cela restera à la marge ». Mais le politologue insiste sur le « retard très important » qui sépare tous les candidats du maire sortant dans les intentions de vote.
La capacité des prétendants à « agréger des voix au-delà de leur socle électoral » apparaît comme l'enjeu déterminant des prochaines semaines. Dans une élection où jusqu'à cinq listes pourraient se retrouver au second tour, les reports de voix et les alliances tactiques promettent de jouer un rôle crucial dans l'issue finale.
Alors que la campagne entre dans sa phase décisive, les électeurs montpelliérains se préparent à un scrutin dont la physionomie finale dépendra étroitement du niveau de participation et des derniers mouvements d'opinion. Le premier tour du 8 mars 2026 s'annonce comme un véritable tremplin vers un second tour dont la configuration reste, à ce stade, largement imprévisible.



