À six mois des élections de mi-mandat, le camp républicain est confronté à une érosion inquiétante dans les sondages. Selon une enquête du Washington Post publiée dimanche, la part des électeurs se disant prêts à voter pour un candidat démocrate à la Chambre des représentants a atteint 47 %, contre 44 % pour un républicain. Cette avance de trois points, bien que modeste, marque un renversement par rapport à l'automne dernier, où les républicains disposaient d'une avance de cinq points.
Un virage chez les femmes et les indépendants
Le changement le plus spectaculaire se produit chez les femmes. En septembre, les républicains étaient au coude-à-coude avec les démocrates parmi les électrices (45 % contre 44 %). Aujourd'hui, les démocrates mènent de douze points (52 % contre 40 %). De même, chez les indépendants, l'avantage républicain de six points s'est transformé en une avance démocrate de cinq points.
Ce basculement s'explique en partie par les positions du parti sur des sujets comme l'avortement et l'immigration, qui mobilisent fortement l'électorat féminin et modéré. « Les républicains paient le prix de leurs excès sur ces questions sensibles », analyse John Smith, professeur de sciences politiques à l'université de Georgetown.
Les facteurs de mécontentement
Plusieurs facteurs alimentent ce mécontentement. L'inflation, bien qu'en ralentissement, reste élevée, et la politique étrangère de l'administration Biden est critiquée. Mais surtout, les républicains doivent gérer les conséquences de la récente décision de la Cour suprême sur l'avortement, qui a provoqué une vague de mobilisation dans les rangs démocrates.
« L'électorat est volatile et les enjeux sont nombreux, mais la tendance actuelle est claire : les républicains perdent du terrain », note une analyse du New York Times. Les primaires républicaines, parfois marquées par des candidats soutenus par Donald Trump, pourraient également jouer un rôle, en radicalisant certains candidats et en éloignant les électeurs modérés.
Enjeux pour la majorité à la Chambre
Ces élections de mi-mandat, prévues le 8 novembre, détermineront le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat. Actuellement, les républicains détiennent une majorité étroite à la Chambre (220 sièges contre 212 pour les démocrates, avec trois sièges vacants). Une perte de quelques sièges pourrait leur faire perdre cette majorité, compliquant encore l'action législative de Joe Biden.
Dans un contexte de polarisation extrême, chaque camp mobilise ses troupes. Les démocrates misent sur la protection du droit à l'avortement et la défense de la démocratie, tandis que les républicains insistent sur l'économie et la sécurité aux frontières. La campagne s'annonce acharnée, et les prochains mois seront décisifs.



