Un médecin maltais au cœur d'une polémique électorale à Castillonnès
Médecin maltais polémique électorale Castillonnès

Un tract électoral annonce un nouveau médecin à Castillonnès

Le docteur Andro Barkalaia, exerçant à Malte à 1 500 kilomètres de là, ignore probablement qu'il est devenu l'enjeu central des dernières heures de la campagne municipale à Castillonnès. Son nom est apparu mercredi 18 mars dans les boîtes aux lettres du village, sur un tract de la liste Un nouveau regard pour Castillonnès, menée par Jean-Louis de Biasi. Le document, estampillé « Dernière minute », affichait un titre accrocheur : « Nouveau docteur à Castillonnès. » Cette initiative, survenant à quelques jours du second tour, a provoqué une vive agitation dans cette bastide du Lot-et-Garonne.

Une annonce qui divise les candidats

Jean-Louis de Biasi, arrivé troisième au premier tour avec 19,36 % des voix, défend cette communication. « Nous avons trouvé, après des mois de recherches, quelqu'un qui coche toutes les cases, qui a la volonté de venir s'installer ici et dont les diplômes sont a priori compatibles », explique-t-il. Il précise que le dossier doit encore être examiné par le Centre national de l'Ordre des médecins, qualifiant l'arrivée du praticien de « possible ». Le candidat affirme avoir identifié ce médecin via une plateforme numérique consultée par des praticiens étrangers, insistant sur la transparence de sa démarche.

En face, le maire sortant Pierre Sicaud, qui ne se représente pas mais soutient son adjoint Sébastien Maurès, réagit avec véhémence. Il dénonce « un mensonge », déclarant : « C'est normal que l'on fasse campagne, mais je ne peux pas laisser dire n'importe quoi. Il faut arrêter de mentir. » Ces propos lui ont valu une plainte pour diffamation déposée par Jean-Louis de Biasi. Pierre Sicaud met en garde contre les pratiques de recrutement : « Ces gens-là ne viennent pas gratuitement. Ce médecin est sans doute très bien, mais il a peut-être répondu à dix annonces en même temps ! Avec ce type de plateformes, nous avons été en contact avec des Grecs, Italiens, Tunisiens, des médecins d'Europe de l'Est. C'est au plus offrant. »

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Un contexte de désertification médicale explosive

La polémique s'inscrit dans un territoire durement touché par la pénurie de médecins. Castillonnès a déjà vu un praticien plier bagage après seulement trois semaines d'exercice, et la dernière généraliste en place a dû déposer des annonces sur Leboncoin il y a dix ans pour attirer des confrères. L'accès aux soins est une problématique cruciale qui rend cet enjeu électoral particulièrement sensible.

Pierre Sicaud évoque parallèlement une piste alternative portée par la Communauté de communes Bastides en Haut-Agenais Périgord : « La Communauté de communes a candidaté pour accueillir des médecins juniors. Ce dossier, défendu au-delà des divergences, pourrait aboutir à l'arrivée en renfort de six étudiants sur les Quatre Cantons. » Ces médecins en troisième cycle d'études resteraient un an, voire deux dans les zones les plus dépourvues. Des appartements sont en rénovation à Castillonnès pour les accueillir, et les médecins locaux se forment pour devenir maîtres de stage.

Quel que soit le résultat des élections municipales de dimanche, la question de la présence médicale à Castillonnès restera brûlante. Si le Dr Barkalaia venait effectivement s'installer, il ne serait certainement pas de trop pour pallier la désertification qui frappe ce territoire rural.

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