Une bataille électorale à trois dans la capitale de la Soule
La ville de Mauléon-Licharre, considérée comme la capitale de la Soule, se prépare à une élection municipale particulièrement disputée en 2026. Trois listes distinctes vont s'affronter pour conquérir la mairie, chacune portant des visions différentes pour l'avenir de la commune. Cette configuration triangulaire promet une campagne animée dans cette cité basque aux traditions politiques bien établies.
L'héritage Etchebest contre le bilan Labadot
Le scrutin voit s'opposer le maire sortant Louis Labadot, élu en 2020 sous l'étiquette communiste, et Armanda Accoce, ancienne adjointe aux finances de Michel Etchebest. Ce dernier, maire de 2008 à 2020, a décidé de ne pas se représenter à 82 ans, mais son ombre plane toujours sur la campagne. « Ce serait difficile de ne pas revendiquer l'héritage de Michel Etchebest, c'est lui qui m'a tout appris », reconnaît Armanda Accoce, qui dirige désormais le Domaine Agerria.
Cette SEM hôtelière, reprise par la ville sous le mandat d'Etchebest, reste un sujet de discorde entre les deux camps. Louis Labadot n'a cessé de critiquer le sauvetage coûteux de cet établissement, qu'il estime n'avoir pas été réalisé « dans les règles de l'art ». La candidate Accoce promet pour sa part un audit des finances communales si elle est élue, tout en annonçant une baisse significative des indemnités des élus municipaux.
Les réalisations du mandat sortant
Le maire sortant Louis Labadot met en avant plusieurs réalisations concrètes de son mandat. Il cite notamment la construction d'un terrain synthétique, initialement estimé à 1 million d'euros mais finalement réalisé en trouvant 91 000 euros dans la trésorerie et en obtenant 80% de subventions. La réfection de la place de la Haute-Ville (1,6 million d'euros subventionnés à 76%) et la remise sur pied du château de Libarrenx figurent également parmi ses fiertés.
Face aux critiques sur la gestion financière, notamment après le dérapage budgétaire pointé par la chambre régionale des comptes en mars 2025, Labadot répond : « La situation dégradée, on l'a connue en arrivant. En début de mandat, nous avions comme seule orientation de tenir nos promesses ».
La troisième voie de Benat Elkegarray
Entre ces deux forces politiques bien établies, Benat Elkegarray tente d'imposer une troisième voie sous l'étiquette EH Bai. Élu d'opposition depuis 2014, il insiste sur le caractère « divers gauche » de sa liste, composée selon lui de « beaucoup de non encartés ». Les Mauléonnais semblent parfois lassés par la « guéguerre Labadot-Etchebest », comme le confie un cafetier, ce qui pourrait jouer en faveur du candidat de la troisième voie.
Elkegarray propose plusieurs projets pour redynamiser la ville :
- Un centre de découverte et formation des métiers de l'espadrille dans les anciennes usines Etchegoyen
- L'arrivée d'une antenne du Musée basque dans la capitale souletine
- Un rapprochement entre l'hôpital de Mauléon et celui de Bayonne pour relancer la démographie médicale
Comme ses concurrents, il entend revoir les dépenses de fonctionnement, notamment les indemnités des élus. Mais il se distingue par sa volonté de « jouer collectif » avec les autres communes de Soule et de l'agglomération basque.
Les enjeux de la campagne
Au-delà des personnalités, cette élection municipale met en lumière plusieurs enjeux cruciaux pour Mauléon-Licharre :
- La gestion des finances communales, avec des prêts importants engagés par la ville et des questions sur l'optimisation des ressources
- L'attractivité pour les jeunes actifs, que chaque liste cherche à séduire avec des projets spécifiques (parc ludique pour Accoce, formation professionnelle pour Elkegarray)
- La cohérence territoriale, alors que Mauléon-Licharre appartient à l'agglomération basque depuis 2017 mais conserve des liens historiques avec Pau et Oloron
- L'héritage politique et la manière dont chaque candidat se positionne par rapport aux mandats précédents
Alors que la campagne s'annonce serrée, les Mauléonnais devront choisir entre continuité, retour aux sources ou nouvelle orientation. Une chose est certaine : malgré les déclarations de certains candidats qui affirment ne pas vouloir « faire de la politique », les enjeux politiques sont bien présents dans cette élection qui façonnera l'avenir de la capitale de la Soule pour les six prochaines années.



