Municipales : Les Républicains brandissent le « barrage à LFI » pour mobiliser au second tour
LR mobilise avec le « barrage à LFI » pour les municipales

Municipales : Les Républicains brandissent le « barrage à LFI » pour mobiliser au second tour

À l'approche du second tour des élections municipales, Les Républicains ont déployé une stratégie offensive en mettant en avant le concept du « barrage à LFI ». Cette approche vise explicitement à mobiliser leur électorat et à tenter de remporter des villes clés, en s'opposant farouchement aux alliances formées entre la gauche et La France Insoumise.

Une rhétorique offensive pour unir la droite

Dès lundi, les responsables de LR ont brandi ce qu'ils qualifient d'« épouvantail LFI » dans le but d'arracher des municipalités importantes à la gauche. L'objectif est clair : unir les électeurs de la droite et du centre derrière leurs candidats pour contrer ce qu'ils nomment les « accords de la honte ».

Othman Nasrou, le secrétaire général des Républicains, s'est emporté sur Sud Radio, déclarant : « LFI est aux portes d'un certain nombre de mairies avec la complicité de la gauche ». Cette sortie intervient au lendemain de la percée notable des Insoumis lors du premier tour.

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Au sein du bloc central, Bruno Retailleau, le président de LR, a été le premier à monter au créneau pour dénoncer vigoureusement ces alliances avant même le premier tour. Parmi les autres formations politiques, Gabriel Attal, le patron de Renaissance, s'est engagé à ne participer à aucune alliance, « directe ou indirecte », avec LFI ni avec l'extrême droite, une ligne partagée par le MoDem. Édouard Philippe, de son côté, n'a pas encore pris publiquement position sur ce sujet brûlant.

Des exemples concrets dans les villes clés

Othman Nasrou a été le premier à dénoncer avec virulence l'accord annoncé à Toulouse entre le Parti socialiste et les Insoumis, un pacte qui met sérieusement en péril le sortant divers droite Jean-Luc Moudenc. « Aucune voix ne doit manquer à Jean-Luc Moudenc », a-t-il affirmé sur le réseau social X, suivant ainsi les consignes de Bruno Retailleau qui appelle les électeurs de droite à éviter « la dispersion » au second tour.

Olivier Dussopt, l'ancien ministre issu de Renaissance, a également fustigé ce qu'il qualifie d'« accord de la honte » à Toulouse, critiquant vertement « la tartufferie des déclarations nationales » de la gauche.

Vers une stratégie à l'échelle nationale ?

Avec des résultats décevants dans les grandes métropoles comme Paris, Lyon et Marseille, Les Républicains misent désormais sur le « barrage à LFI » pour remporter des victoires emblématiques. Ces succès pourraient conférer une ampleur nationale à leurs performances, après des conquêtes déjà acquises dès le premier tour dans 417 communes, notamment à Aurillac, Millau ou Beaune.

Michel Barnier, l'ancien Premier ministre, a interpellé directement Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste, pour lui demander s'il allait tourner le dos « à la tradition républicaine du PS ».

L'efficacité de cette stratégie en question

Face à la percée des Insoumis au premier tour, la question de l'efficacité de cette stratégie se pose avec acuité. À Lyon, Jean-Michel Aulas, l'ancien patron de l'OL, qui n'a pas réalisé le score escompté selon les sondages, a immédiatement joué cette carte pour tenter de ravir la ville au sortant écologiste Grégory Doucet.

Dénonçant un probable accord « honteux » avec la candidate de LFI Anaïs Belouassa-Cherifi, il affirme compter sur les voix des abstentionnistes, mais aussi sur celles des « gens de la gauche qui ne veulent pas d'accord avec les insoumis ».

Autre ville où LR entend brandir l'épouvantail de LFI : Besançon. Anne Vignot, l'écologiste sortante, largement distancée par le candidat LR Ludovic Fagaut, a annoncé s'allier à LFI pour « battre la droite ». Dans cette cité comme dans d'autres, le comportement des autres partis du socle commun s'avère déterminant, Eric Delabrousse (Horizons) ayant obtenu 5,67 % des voix au premier tour.

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Foulques Chombart de Lauwe, le candidat LR à Nantes, issu d'une primaire de la droite et du centre, talonne Johanna Rolland, la sortante PS. Il est à l'affût d'un éventuel accord de la gauche avec LFI pour s'engouffrer dans la brèche. Un scénario similaire pourrait se répéter à Grenoble, où Alain Carignon, le candidat LR, est arrivé en tête au premier tour, devançant légèrement Laurence Ruffin, à la tête d'un collectif de partis écologistes et de gauche.

Le sort de la droite dans cette ville de 160 000 habitants, aux mains des écologistes depuis 2014, dépend également des choix des autres membres du socle commun, Hervé Gerbi, le candidat Horizons, ayant frôlé les 10 % au premier tour.