Municipales 2026 à Lodève : le retrait de Sébastien Rome scelle l'échec de l'union de la gauche
Les espoirs d'une fusion des listes de gauche pour le second tour des élections municipales de Lodève se sont envolés ce mardi après-midi. Sébastien Rome, candidat de La France Insoumise (LFI), arrivé en troisième position au premier tour, a officiellement annoncé son retrait de la course, mettant fin à 24 heures de tractations intenses avec la socialiste Fadelha Benammar-Koly.
Des négociations avortées malgré des concessions substantielles
Les discussions, entamées lundi matin, avaient pourtant progressé sur de nombreux points. Les deux camps s'étaient accordés sur une base de 10 colistiers communs, deux postes d'adjoints, une vice-présidence à l'intercommunalité et la reprise de plusieurs propositions phares du programme de Sébastien Rome. "Nous avons réussi à surmonter tous les obstacles techniques", a déclaré le candidat LFI, avant d'ajouter : "mais les conditions dans lesquelles on pouvait exercer ensemble le mandat n'étaient pas réunies."
Le blocage est finalement survenu sur un problème de personnes, poussant l'équipe Rome à annoncer son maintien tôt mardi matin. Dans un revirement de dernière minute, Sébastien Rome a accepté toutes les conditions de la candidate PS peu avant midi, mais cette dernière a rejeté l'union. Vers 12h30, devant une cinquantaine de partisans réunis devant sa permanence, le candidat a confirmé l'échec des négociations.
Un retrait stratégique pour "battre la droite"
Dans un communiqué publié en milieu d'après-midi, Sébastien Rome et son équipe ont justifié leur décision de se retirer. "L'ensemble des conditions techniques pour l'union étaient présentes. Toutefois, le temps nécessaire pour organiser un réel travail commun et apaisé afin de gérer la ville n'a pas été réuni", ont-ils écrit. Face à la menace d'une victoire de la droite, ils ont préféré se retirer et appeler à soutenir Fadelha Benammar-Koly pour faire barrage à Claude Laateb.
Le retrait implique la reprise par la liste Benammar-Koly de plusieurs mesures clés du programme "S'unir pour changer Lodève", notamment la gratuité des fournitures scolaires, la création d'une foncière municipale, une négociation avec les syndicats sur les conditions de travail, et un festival des médias libres.
Les réactions des candidats restants
Fadelha Benammar-Koly a salué le choix de Sébastien Rome, le qualifiant de "décision sage". "Même si nous demandions son retrait, il était important de se parler car il représente un électeur sur cinq", a-t-elle commenté. La candidate PS a confirmé qu'elle étudierait plusieurs mesures du programme LFI si elle était élue, tout en affirmant vouloir "représenter tous les Lodévois et apaiser la ville".
De son côté, Claude Laateb, arrivé largement en tête au premier tour avec 1427 voix (39,20%), a taclé ses adversaires. "Ils nous donnent raison avec ces arrangements entre partis politiques et entre amis. Ils ne travaillent pas pour l'intérêt général mais pour des sièges", a déclaré le chef d'entreprise, qui se présente comme indépendant.
Un second tour incertain malgré les chiffres
Le duel est désormais lancé entre Fadelha Benammar-Koly (1049 voix, 28,82%) et Claude Laateb. La candidate PS devra rattraper un écart de 376 voix pour l'emporter. Les résultats du premier tour montrent une fragmentation des votes : Jean-Michel Salvador a recueilli 382 voix (10,49%), et Sébastien Rome 782 voix (21,48%).
Les dernières 48 heures de négociations et de rebondissements pourraient laisser des traces chez les militants et les électeurs. Le second tour, initialement prévu comme serré, s'annonce encore plus incertain avec ce retrait et les appels au vote utile. Les Lodévois devront trancher dimanche entre la continuité portée par Laateb et le changement proposé par Benammar-Koly, enrichi de certaines propositions de la gauche radicale.



