Élections municipales dans le Grand Dax : une vague de duels inédite
Cette année, les élections municipales du 15 mars dans le Grand Dax s'annoncent particulièrement disputées. Sur les vingt communes que compte l'agglomération, dix seront le théâtre de duels, soit la moitié d'entre elles. Cette situation contraste fortement avec celle de 2020, où plusieurs de ces communes, comme Narrosse, Saint-Pandelon, Seyresse, Saugnac-et-Cambran et Siest, ne connaissaient pas de compétition électorale aussi serrée.
Des duels historiques dans certaines communes
À Saint-Pandelon, cela faisait plus de vingt ans qu'un tel duel ne s'était pas produit. Pour Saugnac-et-Cambran, on remonte à près de quarante ans. Quant au village de Siest, avec ses 135 habitants, il était réputé pour sa tranquillité civique, rendant cette élection particulièrement notable. Parmi les duels attendus, certains sont des classiques, comme à Dax, Saint-Paul-lès-Dax, Saint-Vincent-de-Paul, Mées et Œyreluy, où les électeurs sont habitués à des confrontations.
À Mées, par exemple, la maire sortante Sophie Irigoyen affronte l'ancienne première édile Lydia Nigita, contre qui elle avait remporté les élections en 2020. À Saint-Vincent-de-Paul, le candidat opposant de 2020, Jean-Jacques Lahontan, se mesure au premier adjoint au maire sortant, Pascal Vilaton.
Les raisons derrière cette multiplication des listes
Christian Carrère, maire sortant de Saint-Pandelon, opposé à Jean-Luc Larrère, avance une explication. « Il y avait jusqu'à présent la possibilité de ce que l'on appelait le 'tir au pigeon'. Si on n'était pas content du bilan du maire, on rayait son nom. Le fait qu'on ne puisse plus le faire donne davantage envie de constituer une liste en face. » Cette analyse met en lumière un changement dans les dynamiques électorales locales.
Un enjeu intercommunal caché derrière les duels
Derrière ces affrontements communaux se cache une bataille plus large à l'échelle de l'agglomération du Grand Dax. Les positions sur des projets intercommunaux, comme une salle de spectacle controversée, divisent les candidats. Par exemple, à Narrosse et Saugnac-et-Cambran, les listes opposées aux maires sortants Bérangère Sabourault et Alain Bergeras, menées respectivement par Pierre Desclaux et Nicolas Dufourcq, semblent alignées sur la ligne de Julien Dubois, maire de Dax et président du Grand Dax.
Pierre Desclaux déclare : « On n'est pas dans une logique d'opposition avec l'Agglo mais de construction. » Nicolas Dufourcq abonde, critiquant les maires sortants pour leur soutien au passage au droit commun, qui a réduit le nombre d'élus intercommunaux, et affirmant son soutien au projet de salle de spectacle.
Des oppositions politiques marquées
À l'opposé, des candidats comme Pierre Chéret, directeur du lycée agricole de Œyreluy et élu socialiste à la Région, assument leur opposition à la salle de spectacle, tout comme Bérangère Sabourault et Alain Bergeras. Julien Bazus, maire sortant de Saint-Paul-lès-Dax et premier opposant à Julien Dubois, affirme : « Nous, on est là pour prendre l'Agglo. Il y a bien deux élections dans cette élection. » Il explique avoir travaillé avec d'autres candidats pour proposer un programme commun pour l'agglomération.
Bérangère Sabourault va plus loin : « Ce n'est même plus une question de positionnement politique au Grand Dax, mais un problème de personne. Je suis personnellement incapable de travailler sereinement avec M. Dubois et sa vision verticale du pouvoir. »
Des accusations de téléguidage et des tensions persistantes
Julien Bazus accuse Julien Dubois de mener une stratégie de téléguidage, influençant certains programmes et listes. Alain Bergeras, à Saugnac-et-Cambran, valide cette théorie, estimant que la candidature de Nicolas Dufourcq a été poussée par un soutien de Julien Dubois, en réaction à son opposition à la salle de spectacle. « Je le vois comme une sanction. Quel que soit le résultat des élections, cela va peser sur l'ambiance au village. »
Des appels à l'apaisement et des doutes sur l'avenir
Sophie Irigoyen, maire de Mées, exprime son exaspération : « On est dans des querelles de bac à sable et chacun a sa part de responsabilité. J'aimerais qu'on passe à autre chose, qu'on s'apaise, qu'on avance tous ensemble dans un même but. » Elle suggère de nommer un maire d'une petite commune comme président du Grand Dax pour une figure plus neutre.
Christian Carrère est plus pessimiste : « Même si c'était un maire de village, il serait obligé de s'aligner sur l'une des positions des deux villes. On a très peu de poids à l'Agglo. C'est le fonctionnement qui est comme ça, même si c'est regrettable. »
Dimanche 15 mars, en déposant leur bulletin dans l'urne, les habitants du Grand Dax ne choisiront pas seulement leurs élus municipaux, mais participeront indirectement à cette guerre politique entre Julien Dubois et ses opposants, avec des répercussions sur la gouvernance intercommunale.



