Grenoble : le retour surprenant d'Alain Carignon dans la course municipale
Le retour politique d'Alain Carignon à Grenoble

Le retour inattendu d'une figure controversée à Grenoble

« Comment Carignon est redevenu fréquentable ? » Cette question, affichée par le Dauphiné Libéré, résume le paradoxe qui agite actuellement la scène politique grenobloise. Quelques jours plus tôt, le 4 février, un sondage Ipsos/BVA commandé par le quotidien régional a révélé une donnée surprenante : l'ancien maire de Grenoble, Alain Carignon, condamné en 1996 à cinq ans de prison dont quatre fermes pour corruption et abus de biens sociaux, pourrait se hisser en deuxième position lors des élections municipales de mars.

Une candidature qui fait polémique

Le sondage place Alain Carignon, candidat Les Républicains et ancien ministre d'Edouard Balladur, non loin derrière la candidate de la gauche Laurence Ruffin, dans la course pour succéder au maire écologiste sortant Eric Piolle. Pour de nombreux observateurs, une telle percée représenterait une véritable anomalie politique, compte tenu du lourd passé judiciaire du candidat.

« Je prends mes adversaires très au sérieux », commente Laurence Ruffin, la candidate du maire sortant et seule femme en lice pour la mairie. La réaction de l'ancien édile face aux critiques est pour le moins décomplexée : « J'ai été condamné il y a trente ans et je n'ai commis aucun préjudice moral et politique à l'égard de la ville », affirme-t-il en souriant, balayant d'un revers de main les accusations persistantes.

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Des oppositions farouches

Lors de l'inauguration de sa permanence en septembre 2025, environ une centaine de personnes s'étaient rassemblées avec des pancartes aux slogans sans équivoque : « Voleur, fraudeur » et « Carignon, pognon, prison ». Mais l'intéressé semble imperméable à ces attaques, affirmant que cela « glisse sur lui comme le temps qui passe ».

Raymond Avrillier, le lanceur d'alerte à l'origine de l'enquête qui a conduit à la chute de l'ancien maire, conteste fermement cette version des faits : « C'est un corrupteur, un suborneur de témoins. Les faits restent. » Pour rappeler le passé judiciaire d'Alain Carignon, Raymond Avrillier figure d'ailleurs en avant-dernière position sur la liste conduite par Laurence Ruffin.

Un débat sur la réinsertion politique

« Je suis en faveur de la réinsertion des délinquants, mais pas là où ils ont commis leurs crimes », assène Raymond Avrillier, soulignant ainsi le cœur du débat qui anime Grenoble. Cette position reflète les divisions profondes au sein de la population et de la classe politique locale face au retour d'une figure aussi controversée.

Le parcours d'Alain Carignon reste marqué par sa condamnation historique : vingt-neuf mois passés en prison, un record pour un homme politique français. Trente ans après les faits, sa tentative de retour en politique teste les limites du pardon collectif et interroge la mémoire des Grenoblois.

Alors que la gauche se présente en ordre dispersé mais espère malgré tout conserver la mairie, la candidature d'Alain Carignon introduit une variable imprévue dans cette élection municipale cruciale pour l'avenir de la ville.

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