Marine Le Pen conditionne sa candidature présidentielle au verdict du 7 juillet
L'avocat de Marine Le Pen, Rodolphe Bosselut, a officiellement confirmé devant le tribunal judiciaire de Paris, ce mercredi 11 février 2026, que la décision de sa cliente de se porter candidate à l'élection présidentielle de 2027 dépendra intégralement de la décision de la cour d'appel prévue pour le 7 juillet prochain. Cette déclaration solennelle intervient alors que le calendrier électoral impose une préparation anticipée d'au moins un an, incluant notamment la constitution obligatoire d'une association de financement de campagne.
Un calendrier judiciaire qui croise l'agenda politique
Me Bosselut a souligné avec force l'intersection critique entre le processus judiciaire et les impératifs politiques nationaux. « Vous avez ainsi l'obligation de prendre en compte un calendrier politique national, qui rend l'arrêt que vous aurez à prendre vertigineux », a-t-il déclaré aux magistrats, ajoutant sobrement : « Ce n'est pas un cadeau. » La perspective d'un éventuel pourvoi en cassation, qui ne pourrait être tranché qu'au début de l'année 2027, à quelques semaines seulement du premier tour, complique davantage la situation. Pendant ce délai, l'inéligibilité potentielle de Marine Le Pen pourrait rester en vigueur, créant une incertitude majeure.
Le dernier jour d'un procès historique
Ces arguments ont été présentés lors du dernier jour du procès en appel de l'affaire des assistants parlementaires européens du Front national (FN). Après douze de ses confrères, Me Bosselut a plaidé en dernier, déployant une défense intelligente et solidement argumentée. Il a cherché à désamorcer ce qu'il a qualifié de « machine infernale », déclenchée par l'exécution provisoire de la condamnation du 31 mars 2025. Cette condamnation prévoit pour Marine Le Pen quatre ans de prison, dont deux fermes, et cinq ans d'inéligibilité.
Un dossier judiciaire sans précédent
L'avocat a insisté sur le caractère inédit de ce dossier, rappelant qu'il s'agit de la première décision en appel concernant des détournements de fonds publics commis par des députés européens. « Parce qu'il s'agit de la première décision, en appel, sur les détournements de fonds publics commis par des députés européens, qui va être tranché pour la première fois », a-t-il relevé, soulignant ainsi l'importance capitale de ce jugement pour l'avenir politique de sa cliente et, plus largement, pour la jurisprudence en matière de financement politique européen.
La suite de cette audience et ses implications restent suivies avec attention, alors que l'échéance du 7 juillet approche à grands pas, déterminant non seulement le sort judiciaire de Marine Le Pen mais aussi le paysage politique français à l'aube de la présidentielle de 2027.