Un débat municipal animé à Hendaye révèle des visions divergentes pour l'avenir
À Hendaye, le scrutin municipal approchant, les trois candidats en lice se sont affrontés lors d'un débat organisé par Sud Ouest et TVPI à Bayonne. Durant une heure, le maire sortant Kotte Ecenarro et ses deux adversaires, Laetitia Navarron et Tristan Proteau, ont exposé leurs projets pour la ville transfrontalière, révélant des approches distinctes sur des enjeux cruciaux.
Des priorités contrastées pour les dix prochaines années
Dans une projection à dix ans, Kotte Ecenarro a insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts en matière de mobilité, de promotion de la langue basque et de renforcement des relations avec Irún et le Guipuscoa espagnol. Tristan Proteau, quant à lui, a mis en avant des priorités économiques, sécuritaires et une politique renforcée en faveur des personnes âgées. Laetitia Navarron s'est concentrée sur l'apaisement budgétaire pour permettre davantage d'investissements vers une ville plus verte et plus végétalisée, avec pour objectif d'attirer des résidents à l'année et de revitaliser les écoles.
Logement et tourisme : des points de friction majeurs
Les questions du logement et du tourisme ont occupé une part significative des échanges. La mesure de compensation sur les locations saisonnières de meublés a suscité des réactions divergentes. Kotte Ecenarro et Tristan Proteau ont estimé que cette disposition n'aurait pas l'effet escompté pour favoriser le retour de ces biens vers la location annuelle, appelant à un réajustement du règlement sans pour autant prôner son annulation. Seule Laetitia Navarron a défendu la mesure, affirmant que la principale injustice, c'est de ne pas avoir de toit pour se loger.
Le projet immobilier à Moleres et la gestion des logements vacants ont également été sources de désaccord. Les candidats se sont interrogés sur le recensement précis de ces biens et sur les coûts de rénovation pour leur remise sur le marché.
Tourisme : des perspectives économiques différemment appréciées
L'impact du tourisme sur l'économie locale a été interprété de manière contrastée. Si les trois candidats reconnaissent son importance, leurs nuances sont nettes. Kotte Ecenarro a établi un parallèle entre la mesure de compensation des meublés de tourisme et la baisse de fréquentation et de chiffre d'affaires des commerçants observée l'été dernier. Tristan Proteau a plaidé pour le maintien du tourisme familial tout en élargissant les horizons vers le tourisme d'entreprise. Laetitia Navarron, sans s'étendre spécifiquement sur ce point, a intégré le tourisme dans sa vision globale d'une ville durable.
Mobilité : des projets freinés par des contraintes urbaines
La mobilité, préoccupation majeure des habitants, figure dans tous les programmes mais sans annonce de transformation radicale. Kotte Ecenarro a souligné les difficultés techniques pour réaliser une piste cyclable le long du boulevard de l'Empereur, évoquant des contraintes urbanistiques importantes. La place du vélo en centre-ville reste un sujet complexe, sans solution immédiate selon les candidats.
Endettement municipal : des analyses financières opposées
Les réactions sur la situation financière de la ville ont révélé des divergences profondes :
- Kotte Ecenarro (Hendaye Ensemble / Hendaia Elgarrekin) a défendu les investissements réalisés, les qualifiant de dépenses cycliques et soulignant que la capacité de désendettement de douze ans reste dans les seuils recommandés. Il a rappelé que les banques locales continuent de soutenir la ville.
- Laetitia Navarron (Hendaia Biltzen) a jugé la situation très tendue avec 11,4 années de capacité de désendettement, obtenue seulement par une compression budgétaire récente. Elle a promis une enveloppe d'investissement contenue sans recours à la hausse des impôts.
- Tristan Proteau (Vivre Hendaye) a critiqué la gestion financière, accusant le maire sortant de confondre investissement et fonctionnement. Il a pointé du doigt l'augmentation de 7,5% des impôts comme signe d'une perte de contrôle des dépenses.
Ce débat a ainsi mis en lumière les choix politiques qui s'offrent aux électeurs hendayais, entre continuité, réorientation économique et transition écologique, dans un contexte de tensions financières et de défis transfrontaliers.



