Sébastien Etchebarne se lance officiellement dans la bataille des municipales
Le 11 janvier 2025, à plus d'un an de l'échéance, Sébastien Etchebarne a officiellement jeté son chapeau dans la bataille des municipales de mars prochain à Urrugne. Cette annonce précoce, qui pourrait faire sourire La Fontaine, s'inscrit dans une stratégie politique bien rodée : en matière électorale, rien ne sert de courir, il faut surtout le faire savoir.
Un candidat qui mise sur sa proximité avec les citoyens
Le candidat de 52 ans, auteur d'une surprenante percée électorale il y a cinq ans lors de sa première incursion dans l'arène locale (29,37 % au premier tour, 26,15 % au second), s'attelle depuis quelques jours à faire connaître sa campagne. Il a notamment envoyé un épais communiqué aux médias, comprenant le calendrier des « cafés rencontres » à venir et une offensive sur la mise à sens unique de la rue de Socoa.
Dans les deux cas, la méthode de sa liste Vivons Urrugne Autrement - Ongi Bizi Urruñan se veut en rupture avec ce qu'il décrit comme une perte de proximité du pouvoir abertzale en place. « Beaucoup de gens sont déçus de cet aspect relationnel. Ils regrettent un manque de communication, d'information, de transparence », explique-t-il au journal Sud Ouest.
Selon lui, les conseils de quartier mis en place par la majorité actuelle seraient des échecs, tant en termes de fréquentation que de représentativité, malgré la moitié des membres tirés au sort. Ses café-rencontres, qu'il présente comme plus « simples et directs », doivent nourrir les six orientations de son programme, qui sera dévoilé début janvier 2026.
Des propositions concrètes et une méthode participative
Les six orientations de son programme sont les suivantes :
- Écouter et dialoguer avec les habitants
- Être solidaires avec tous les citoyens
- Soutenir la vie associative dans tous les quartiers
- Vivre et se projeter autrement sur Urrugne
- Mieux se déplacer dans la commune
- Mieux gérer les finances locales
Concernant la rue de Socoa, Sébastien Etchebarne brandit les résultats d'une enquête réalisée par son équipe entre le 15 et le 31 octobre auprès de 1 000 habitants (338 réponses). « 95 % disent qu'ils n'ont pas été informés » de la mise à sens unique. Il préconise un retour au double sens, avec des aménagements pour réguler la vitesse, comme des feux ralentisseurs ou des chicanes, après concertation avec la population.
Une rupture idéologique avec la majorité en place
Sur le fond, le candidat ne partage pas non plus « l'idéologie militante » de la majorité qu'il qualifie d'« extrême gauche ». « Ils veulent tout municipaliser, alors qu'on peut aussi travailler avec le privé », affirme-t-il. Il critique notamment la cuisine centrale, qu'il estime « mal calibrée », alors que les prestataires précédents faisaient selon lui l'affaire en se fournissant localement. « Là, la centrale d'achat est dans la Drôme », déplore-t-il.
La volonté de la majorité de ne mener des projets de logement qu'en maîtrise d'ouvrage publique serait aussi, selon lui, un frein aux avancées dans ce domaine.
Pas d'alliance avec la droite, une voie centriste et apolitique
Est-ce à dire que l'urbaniste géographe de formation, au contact des politiques publiques depuis vingt ans, se sent plus proche de la liste de droite de Martine Mignot-Carmé ? « On a eu des discussions fin 2024. Il y a eu des rumeurs de fusion, c'est en partie pour clarifier tout ça que je me suis déclaré si tôt », révèle-t-il.
La présence « trop politique » de l'ex-maire Odile de Corral et d'Henri Lévrero (délégué LR de la 6e circonscription) l'a finalement dissuadé. « Et ils sont anti-abertzale, ce que l'on n'est pas », précise-t-il.
L'équipe de Sébastien Etchebarne, qu'il présente comme « vraiment apolitique » bien qu'il se définisse plutôt comme centriste, tracera donc son chemin seule. Avec l'espoir, cette fois, de franchir la ligne d'arrivée en tête.
Les café-rencontres se tiendront aux dates suivantes :
- 15 novembre : Le Ritchie (Berroueta)
- 22 novembre : Behovino (Béhobie)
- 29 novembre : Jules & John (Leclerc)
- 6 décembre : trinquet Dongaitz (bourg)



