Edouard Philippe et la leçon des premiers tours
Avant le second tour, il y a le premier. Cette vérité politique, Edouard Philippe l'a apprise à ses dépens, après avoir observé de près deux échéances majeures. En 2002, alors adjoint au maire du Havre, il rédigeait des notes pour Antoine Rufenacht, sans savoir si ce dernier, directeur de campagne de Jacques Chirac, les lisait. Son futur ami Gilles Boyer, alors responsable de la cellule juridique du candidat, était mieux placé. La leçon de ce scrutin fut cinglante : Lionel Jospin, Premier ministre sortant, trop concentré sur le second tour, en oublia le premier. Résultat : les électeurs l'oublièrent aussi, et Jean-Marie Le Pen se qualifia. Jacques Chirac, malgré une campagne poussive, en profita. Un matin, il apparut joyeux et détendu lors d'une réunion : Jospin venait de le qualifier de "fatigué" et "vieilli", une aubaine pour Chirac.
En 2016, Edouard Philippe était devenu un acteur politique. Cette fois, il encaissa une défaite personnelle. Son champion Alain Juppé, pourtant "le meilleur d'entre nous" selon Chirac, était le meilleur candidat pour le second tour de la primaire et de la présidentielle. Mais il ne fut que troisième au premier tour de la primaire de la droite, mettant fin à ses ambitions. Philippe retient ainsi que négliger le premier tour peut tout compromettre.


