Du trafic de drogue en Amérique latine au drame maritime en Nouvelle-Écosse, en passant par les déductions de Sherlock Holmes et le Hollywood d'après-guerre, la rédaction de Midi Libre vous propose un florilège de bandes dessinées récentes qui ont retenu son attention. Voyage en bulles garanti avec ces quatre albums aux univers variés.
Dans la tête de Sherlock Holmes
Comment proposer une approche inédite de Sherlock Holmes, l'un des héros les plus adaptés de la littérature ? Cyril Lieron (scénario) et Benoit Dahan (dessin) ont trouvé la réponse : entrer littéralement dans la tête du célèbre détective créé par Arthur Conan Doyle. Leur troisième tome, Le cauchemar du Loch Leathan, est une réussite. Après un premier diptyque réjouissant, le duo envoie le locataire du 221B Baker Street et son fidèle Watson résoudre un mystère sur l'île de Skye. Chaque page plonge dans l'introspection du cerveau de Sherlock, avec un niveau de détails ahurissant, le tout restant fluide et cohérent. Un album brillant.
“Le cauchemar du Loch Leathan”, Ankama, 48 p., 15 €.
Au chic des années 1950
Vous aimez les films noirs et d'espionnage des années 1950, le jazz, les récits se déroulant dans un Berlin dévasté ou un Hollywood flamboyant ? Alors Moonlight express, signé du duo Smolderen/Clérisse, déjà auteurs de l'épatant L'Été Diabolik, est fait pour vous. Très chic et très classe, cet album ajoute à son intrigue retorse des trésors nazis, des braqueurs élégants, un triangle amoureux et un train dans la nuit. Le tout est emballé avec un sens du swing communicatif, un graphisme inventif et une palette de couleurs éclatante. Un titre vivement recommandé.
“Moonlight express”, Le Seuil, 160 pages, 25 €.
“Cartagena”, l'ultime album d'Hermann
C'est la chronique que l'on redoutait d'écrire : celle du dernier album d'Hermann, disparu le 22 mars à 87 ans, après près de 120 albums en soixante ans de carrière. Cartagena, scénarisé par son fils Yves H., se déroule dans une ville d'Amérique latine gangrenée par le trafic de drogue. On y suit les parcours parallèles d'un jeune homme souhaitant intégrer un cartel et d'un policier madré qui les combat, avant que leurs routes ne se croisent. Hermann a dessiné cet album puisant dans ses dernières forces, livrant un sommet de tragédie et d'atmosphère, magnifiquement mis en scène et en couleurs. D'une noirceur d'encre jusqu'au mot fin. Du grand Hermann.
“Cartagena”, Le Lombard, 64 p., 16,95 €.
Sous les vagues, le drame
En 1914, dans un petit port côtier d'une île de Nouvelle-Écosse battue par les vents, ne vivent que femmes, enfants et vieillards. Tous attendent le retour des hommes partis en campagne de pêche au large de Terre-Neuve. Mais nul ne les voit revenir, tandis que trois étrangers débarquent sur l'île. Après avoir apprécié les trois diptyques de Mikaël situés dans le New York du début du XXe siècle, on retrouve l'auteur avec Sœurs des vagues, co-scénarisé par Tristan Roulot. Cette tragédie mêle aventures maritimes, drame social, étude de caractères puissants et thriller féministe, le tout servi par la force du travail graphique de Mikaël.
“Sœurs des vagues”, Le Lombard, 112 pages, 22 €.



