Un duel familial historique dans l'Orne
Les élections municipales réservent parfois des situations insolites qui captivent l'attention. Cette année, dans la commune de Sainte-Gauburge-Sainte-Colombe, dans le département de l'Orne, les électeurs ont assisté à un duel fratricide particulièrement serré entre deux frères, Philippe et Yves Bigot. Le maire sortant Philippe Bigot, qui briguait un sixième mandat, a finalement été battu dès le premier tour par son propre frère Yves, selon les informations rapportées par Ouest-France.
Un scrutin serré avec seulement 17 voix d'écart
Sur les 820 électeurs inscrits dans cette commune d'environ 1 000 habitants, 530 personnes se sont déplacées pour voter, soit un taux de participation significatif. La liste de Philippe Bigot, intitulée « Une nouvelle dynamique pour l'avenir », a recueilli 250 voix, ce qui représente 48 % des suffrages exprimés. En face, la liste de son frère Yves, baptisée « Notre commune, notre avenir », a obtenu 267 voix, soit 52 % des votes. L'écart entre les deux candidats, âgés respectivement de 62 et 64 ans, n'est donc que de 17 bulletins, illustrant la compétition acharnée qui a animé cette campagne.
Un maire sortant battu après cinq mandats
Comme le précise Le Réveil Normand, Philippe Bigot briguait un sixième mandat consécutif à la tête de la commune. Lors des précédentes élections en 2020, il avait été réélu sans opposition, obtenant ainsi 100 % des suffrages. Cette fois, son propre frère a décidé de se lancer dans la bataille pour proposer un projet différent pour l'avenir de la commune. « On est très content du résultat, a réagi le nouveau premier édile Yves Bigot. On a beaucoup travaillé, en équipe, pour en arriver jusque-là. Maintenant, on a beaucoup de travail à faire ! »
« La bête n'est pas morte »
De son côté, le maire sortant Philippe Bigot, battu dimanche soir, n'a pas confirmé qu'il siégerait dans l'opposition au sein du nouveau conseil municipal. Cependant, il a tenu à déclarer : « La bête n'est pas morte. Je continuerai à être actif », laissant ainsi entendre qu'il ne compte pas abandonner la vie politique locale malgré cette défaite.
Les élections familiales, un phénomène récurrent
Cette élection en famille n'est pas un cas isolé dans le paysage politique français. Dans l'Aube, par exemple, cinq membres d'une même famille se sont présentés cette année sur la liste « Bien vivre à Chaserey ». José, Elisabeth, Julien, Lucile et Guy Parthiot constituaient ainsi les uniques représentants de la liste opposée à celle de Christian Drouhin, dans ce village qui compte à peine 45 électeurs inscrits, selon L'Est Eclair.
Les règles électorales concernant les familles
Le code électoral français prévoit des limitations spécifiques concernant la présence de membres d'une même famille au sein d'un conseil municipal. Selon la réglementation, « le nombre des ascendants et descendants, frères et sœurs, qui peuvent être simultanément membres du même conseil municipal est limité à deux ». Il est important de noter que cette règle ne s'applique qu'aux communes de plus de 500 habitants. Pour les communes de moins de 500 habitants, aucune limite n'est instaurée, ce qui explique pourquoi des situations familiales peuvent se développer plus facilement dans les petits villages.
Les prochaines échéances municipales
Les prochaines élections municipales sont prévues pour les 15 et 22 mars 2026. Les électeurs pourront retrouver les résultats de leur commune sur 20 Minutes et d'autres médias spécialisés. Ces scrutins locaux continueront sans doute à réserver des surprises et des duels familiaux qui témoignent de la vitalité démocratique à l'échelle des territoires.



