Un duel historique pour la mairie de Soubès
La clôture du dépôt des listes en préfecture, le 26 février dernier, a finalement levé le voile sur la configuration du prochain scrutin municipal à Soubès, dans l'Hérault. Les électeurs devront choisir entre deux candidates : la maire sortante, Isabelle Périgault, et son ancienne adjointe aux finances, Hélène Gastand. Cette confrontation directe entre deux femmes revêt une dimension symbolique forte dans une commune où, historiquement, les édiles ont été exclusivement masculins pendant plus de deux siècles.
Une rupture avec un long passé masculin
En effet, entre 1790 et 1995, pas une seule femme n'avait accédé au fauteuil de maire à Soubès. Il a fallu attendre l'élection de Marie-Claire Rudelle en 1995 pour briser ce plafond de verre local. La pluralité des listes est elle aussi un phénomène récent dans la vie politique soubésienne. Jusqu'en 2014, une unique liste dite "de consensus", conduite par le maire en place ou l'un de ses adjoints, se présentait systématiquement devant les électeurs.
Cette absence de choix réel suscitait alors frustration et sentiment de déni démocratique chez de nombreux habitants. Le dimanche du vote, il n'était pas rare d'entendre des électeurs s'interroger : "On vient voter pourquoi ? Avec une seule liste, ils sont sûrs d'être élus." La seule marge de manœuvre résidait alors dans le panachage, une pratique aujourd'hui disparue, qui permettait de rayer ou d'ajouter des noms sur le bulletin.
De la rareté à la pléthore, puis à l'apaisement ?
La situation a basculé de manière spectaculaire lors des élections municipales de mars 2020. Cette année-là, la commune a connu une explosion des candidatures avec pas moins de trois listes et une candidature individuelle, soit un total de 46 prétendants. Si la démocratie a pu pleinement s'exprimer, le souvenir de ce scrutin reste entaché par un climat particulièrement délétère.
Les tensions ont perduré bien après le vote, divisant familles et amis proches, au point que des rancœurs se sont même manifestées par des tags hostiles peints sur la tombe d'un élu au cimetière communal. Face à ce passé récent, les Soubésiens aspirent aujourd'hui à un débat plus apaisé pour le prochain scrutin. L'idée qui semble émerger est qu'on peut être en profond désaccord politique tout en conservant de la sympathie et du respect pour son adversaire.
Une campagne qui semble marquée par une certaine retenue
Un premier indice de cette volonté d'apaisement pourrait se lire dans la composition même des listes. Contrairement à 2020, il semble que les candidats ne se soient pas bousculés pour figurer sur les bulletins. Constituer deux listes complètes de quinze noms s'est avéré être un exercice compliqué. Cette relative difficulté à mobiliser des candidats est-elle le signe que la passion politique est retombée à Soubès ? La réponse sera donnée par les urnes ce dimanche.
Les deux candidates clôtureront leur campagne par des réunions publiques dans la salle d'expression corporelle située au sous-sol de l'école, à 18h30. La liste "Unis pour Soubès", conduite par Hélène Gastand, tiendra la sienne ce jeudi. Celle d'Isabelle Périgault, "Soubès, notre identité", présentera ses arguments ce vendredi. Le duel est désormais lancé, et il écrira une nouvelle page de l'histoire politique locale.



