Un revers électoral sévère pour le maire sortant de Tonneins
Dans la cité des Tabacs, l'ambiance est à la déprime au camp du maire sortant. Ce dimanche 15 mars, les résultats du premier tour des élections municipales ont réservé une surprise de taille. La liste Un élan de plus pour Tonneins, menée par Dany Titonel, dauphine du maire Dante Rinaudo, n'a obtenu que la troisième position avec 25,58% des suffrages.
Un duel serré pour le second tour
Le scrutin du 22 mars se jouera entre deux candidats qui ont devancé la majorité sortante. Denis Bertolaso, tête de liste d'Alliance pour Tonneins, arrive en tête avec 40,64% des voix. Il est talonné par Jérémie Bespéa de Tonneins au cœur qui totalise 33,79%. L'écart entre les deux premiers est de 262 voix seulement.
Sur l'estrade d'une salle pleine à craquer, Dante Rinaudo a annoncé les résultats sans laisser paraître sa déception. Pourtant, parmi les soutiens de sa liste, on parle d'« une douche froide ». Le maire sortant admet que « ça va être compliqué » pour le second tour, mais sa liste a décidé de se maintenir.
L'« aura du médecin » qui change la donne
Denis Bertolaso, médecin généraliste et total novice en politique, a bénéficié de ce que Dante Rinaudo appelle « l'aura du médecin ». Le maire sortant estime que sans sa candidature, sa liste aurait pu l'emporter, accusant le praticien d'avoir « siphonné » les voix de droite et du centre.
Dante Rinaudo reconnaît également ne pas avoir réussi à mettre en avant « l'idée de la transmission » et concède le déficit d'image de sa dauphine Dany Titonel. Un autre pari manqué : le soutien du Rassemblement national, incarné par Romain Chaumeil sur sa liste, qui n'a pas été déterminant et a même pu crisper certains électeurs.
Un bilan municipal contesté
Le maire sortant refuse pourtant de voir dans ce score une sanction de sa mandature, martelant que « le bilan est bon ». Il attribue plutôt son revers à « un vote pour le médecin de famille, qui rassure dans un monde incertain ».
Pourtant, plusieurs éléments ont fragilisé sa position :
- La désagrégation progressive de sa majorité municipale
- L'avant-dernier conseil municipal qui a avorté
- La vente controversée de la friche de la Manufacture des tabacs à un investisseur providentiel, adoptée à deux semaines du premier tour
Denis Bertolaso note quant à lui : « On sent une défiance de la population avec tous ces projets qui arrivent à la fin du mandat ». Le septuagénaire, volontairement à l'écart des polémiques, assume un programme qu'il qualifie de réaliste, sans « fantasmagorie ou grandiloquence ».
L'abstention, autre vainqueur de ce premier tour
Jérémie Bespéa, pour sa part, souligne que « le gagnant de ce premier tour, c'est l'abstention » qui a atteint 40%. Le conseiller municipal, bien plus rodé qu'en 2020, met en avant son expérience et son ambition. Il critique implicitement son adversaire : « On n'est pas maire de la quatrième ou cinquième ville du département à mi-temps » et pas avec « une gestion à la petite semaine ».
Jérémie Bespéa appelle maintenant à une confrontation des projets lors d'un débat que ses opposants avaient décliné avant le premier tour. Le second tour s'annonce donc particulièrement indécis dans cette ville du Lot-et-Garonne, avec un maire sortant fragilisé et deux challengers déterminés à prendre sa succession.



