Philippe Dessertine s'élève contre les stratégies électorales traditionnelles
En réaction à plusieurs prises de position émanant des rangs de la droite et du centre, l'économiste Philippe Dessertine, potentiel « troisième homme » des élections municipales à Bordeaux selon un récent sondage, refuse catégoriquement de se « laisser enfermer dans les calculs habituels ». L'appel au « vote utile » ne trouve aucun écho favorable auprès de lui.
Un candidat déterminé face aux pressions politiques
Philippe Dessertine se déclare « remonté comme une arbalète » et « le couteau entre les dents », exprimant une vive opposition à la campagne de « combinaisons politiques » que certains voudraient lui imposer. Cette réaction fait suite à la publication d'un sondage réalisé pour « Sud Ouest », LCI et Sud Radio ce mercredi 25 février, qui le place en position clé avec 15% des intentions de vote.
Selon Thomas Cazenave, candidat macroniste crédité de 25%, Dessertine détiendrait « les clés du scrutin » pour départager le camp de la droite et du centre face au maire écologiste sortant Pierre Hurmic (33%). Cependant, l'économiste affirme avec force : « Je ne me positionne par rapport à personne », mettant en avant sa candidature « citoyenne » et sa « méthode nouvelle ».
Refus des étiquettes et critique des professionnels de la politique
Philippe Dessertine rejette même l'étiquette d'économiste « libéral » et critique vertement les candidats qui se représentent six ans après avec quasiment les mêmes projets. « On est face à des politiques professionnels », assène-t-il, pointant du doigt ce qu'il considère comme une stagnation des idées.
Il a particulièrement mal accueilli la prise de position de Patrick Bobet, maire du Bouscat et président du groupe de la droite et du centre de Bordeaux Métropole, qui appelle à voter « tout de suite » pour Thomas Cazenave. « Quarante-trois ans qu'il est élu », rétorque Dessertine, soulignant ainsi l'ancienneté de la carrière politique de son interlocuteur.
Une opposition frontale aux alliances précoces
L'économiste n'oublie pas non plus Hugues Martin, ancien député-maire de Bordeaux, qui soutient « sans ambiguïté » le candidat Cazenave. « Sa première élection remonte à 1971 », rappelle-t-il, toujours aussi déterminé contre les appels du pied répétés, y compris ceux de Thomas Cazenave lui-même, prompt à mettre l'alternance en avant.
Pour Dessertine, ces initiatives sont contre-productives : « Ça ne me rapproche absolument pas [du camp Cazenave] », affirme-t-il, rejetant toute tentative de rapprochement stratégique avant le scrutin.
Priorité aux élections, pas aux alliances
Dans un communiqué de presse envoyé ce vendredi après-midi, le candidat oppose aux sondages, qu'il qualifie de « photographie parfois mouvante, parfois approximative », sa propre lecture de la situation. Il retient notamment une progression de trois points depuis l'automne, plutôt que l'écart manifeste avec Cazenave.
« C'est une indication que je monte, et c'est quelque chose que je constate sur le terrain », explique Dessertine, faisant référence à son meeting du lundi 23 février au Fémina, salle comble. Il insiste : « La seule chose qui importe, ce sont les élections, non pas de savoir qui s'allie avec qui. Or, on est en train d'expliquer aux électeurs ce qu'ils doivent voter. »
Dénonciation d'une approche délétère pour la démocratie
Et l'économiste d'enchaîner, véhément : « C'est incroyable ! Je pense même que c'est délétère. Cette approche de course à l'échalote, c'est un problème majeur, un appauvrissement du débat et des idées, le poison de notre démocratie. C'est le vote qui est souverain. »
Six mois après avoir fait irruption dans le paysage politique bordelais, Philippe Dessertine croit toujours en sa bonne étoile. « Je ne veux pas être enfermé dans les calculs habituels, j'y crois au plus profond de moi-même », conclut-il, affirmant ainsi sa volonté de poursuivre une campagne axée sur les idées plutôt que sur les stratégies d'alliance.



