Philippe Dessertine se retire de la bataille municipale à Bordeaux, une fin inattendue
Dessertine quitte la course municipale bordelaise

Le retrait surprise de Philippe Dessertine à Bordeaux

Pendant des semaines, il avait affiché un panache et une résolution à toute épreuve. Philippe Dessertine répétait avec fougue et solennité qu'il irait « jusqu'au bout », « jusqu'à la victoire », se moquant de passer pour un improbable Don Quichotte. La surprise n'en a été que plus grande ce mardi soir quand l'économiste a annoncé son retrait de la bataille municipale à Bordeaux.

Une décision contre toute attente

Contre toute attente, le troisième homme de ce scrutin bordelais n'a pas déposé de liste pour le deuxième tour. Il a indiqué devoir, « à regret », « se rendre à l'évidence : la victoire n'est pas envisageable ». En s'effaçant, plutôt qu'en cherchant un terrain d'entente avec une autre équipe, Philippe Dessertine anéantit la dynamique qu'il a su créer autour de son projet.

L'engouement était pourtant incontestable : 20% des Bordelais se sont portés dimanche sur sa candidature. Un score significatif qui faisait de lui un acteur clé de ce second tour.

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Le refus des tractations politiques

Pour quelle issue politique ? Philippe Dessertine a répété, ce mardi, son rejet de toute « tractation », a redit tout le mal qu'il pense du « système politique ». Certains trouveront de la noblesse dans cette stricte exigence. On peut y voir aussi l'impasse d'une aventure personnelle, incapable de construire un compromis ou une alternance.

La recherche d'entente entre adversaires, entre les deux tours d'une élection, n'est pas impure. La saine loi de la majorité impose de discuter sur :

  • Les projets
  • Les organigrammes
  • Les stratégies

Ces négociations virent certes souvent au marchandage, mais elles incitent aussi au dépassement. Chacun est invité à aller au-delà de son pré carré. Philippe Dessertine n'a pas voulu tenter l'exercice, quitte à enterrer l'ensemble de son projet.

La difficulté de la société civile en politique

Cet épilogue offre un énième exemple de la grande difficulté des personnalités issues de la société civile à s'imposer dans l'arène politique. Les déboires de Jean-Michel Aulas à Lyon, dont l'avance colossale dans les sondages a fondu de semaine en semaine, en sont une autre illustration.

La politique ne s'improvise pas, ni dans la conquête, ni dans l'exercice du pouvoir. Elle demande :

  1. Patience
  2. Opiniâtreté
  3. Humilité

Ses grands fauves ont bâti leur implantation sur la longue durée. « Mon engagement pour Bordeaux ne cessera jamais », dit Philippe Dessertine. Pourtant, en se retirant du scrutin, il s'interdit de siéger au Conseil municipal.

Les conséquences pour les électeurs

Tant pis pour ses 20 000 électeurs au premier tour. Ils auraient peut-être souhaité qu'il les représente. Philippe Dessertine laissera, dans le paysage politique bordelais, la trace d'une comète brillante, mais insaisissable, et fugace. Un épisode qui souligne les défis auxquels font face les candidats issus de la société civile lorsqu'ils tentent de percer dans le monde politique traditionnel.

Cette décision de retrait, prise à la surprise générale, marque un tournant dans ces élections municipales bordelaises et pose des questions fondamentales sur la capacité des outsiders à transformer l'essai électoral en influence politique durable.

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