Un premier débat radio pour les municipales de Biarritz
Ce dimanche 15 février, la radio Ici Pays basque a organisé le premier débat public réunissant les sept candidats déclarés à la mairie de Biarritz. L'émission, animée par Odile Faure et Yves Tusseau, a été diffusée en direct depuis le Casino municipal et reste disponible en différé sur Internet. Cet exercice, à l'organisation millimétrée, a offert un contenu éclairant sur les options portées par chaque candidat.
Un paysage politique fragmenté
Les électeurs biarrots doivent se prononcer dans un contexte où l'échiquier politique n'est pas structuré de manière classique. Cinq des sept candidats visent le centre, tandis qu'Ana Etcheverry-Ezcurra revendique des valeurs de gauche et écologistes. Michel Fournier assume son positionnement à l'extrême droite avec l'investiture du Rassemblement national, une étiquette qui complique la constitution d'une liste complète.
Le plateau d'Aguilera, premier sujet de discorde
Le dossier du plateau d'Aguilera a immédiatement mis en lumière les divergences. La maire sortante, Maider Arosteguy, considère que « Aguilera 1 est terminé » et se concentre sur les équipements sportifs. En revanche, aucun des autres candidats ne souhaite voir ce projet de logement sortir de terre. Ana Etcheverry-Ezcurra le juge « trop enclavé », Serge Blanco critique ses six étages, et les élus d'opposition Guillaume Barucq et Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde rappellent leurs recours en justice. Richard Tardits prône, quant à lui, une activité économique autour du sport plutôt que du logement.
Logement et mobilité : des propositions variées
Face à la carence en logement, notamment sociaux, les candidats ont exposé des solutions contrastées :
- Richard Tardits propose de sortir Biarritz de la loi SRU pour éviter une amende annuelle de 2,4 millions d'euros.
- Michel Fournier critique les dépenses publiques pour le sport au détriment du logement.
- Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde veut optimiser l'existant sans bétonner davantage.
- Ana Etcheverry-Ezcurra s'inspire de l'exemple de Bidart pour construire 1 000 logements durant le mandat.
- Guillaume Barucq souhaite réorienter des biens vers le secteur social.
- Serge Blanco cible les logements vacants, une piste contestée par Maider Arosteguy.
Sur les mobilités, les échanges ont été passionnés. Serge Blanco envisage cinq axes protégés pour les vélos, Michel Fournier veut ajuster le maillage des navettes, et Guillaume Barucq dénonce le stationnement payant à la plage de la Milady. Ana Etcheverry-Ezcurra propose de réduire de 20% la place de la voiture en centre-ville et d'ajouter 15 km de pistes cyclables. Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde prévoit la reprise en régie des parcs de stationnement en 2029, tandis que Maider Arosteguy défend la liaison de bus en site propre entre Iraty et le centre-ville.
L'hôtel du Palais : un débat sur la gestion et la vente
La question de l'hôtel du Palais a également animé les discussions. Maider Arosteguy et Serge Blanco promettent une consultation par référendum sur son éventuelle vente. Guillaume Barucq propose de confier la présidence de la Socomix à un professionnel plutôt qu'au maire. Michel Fournier prône une gestion directe plus rémunératrice. Ana Etcheverry-Ezcurra demande plus de clarté et annonce une assemblée citoyenne trois mois après l'élection. Maider Arosteguy souligne les 3,6 millions d'euros de redevance versés par Hyatt et revendique le sauvetage du palace, malgré un endettement inquiétant de la Ville et de la Socomix.
Un débat structuré malgré la multiplicité des voix
Dans cette bataille électorale qui rappelle celle de 2020 par le nombre de listes, le débat n'a pas tourné à la cacophonie. Les auditeurs ont assisté à un récital à sept voix, chacune cherchant à séduire les électeurs avec un attachement sincère à Biarritz. Cet exercice démocratique a permis de clarifier les positions sur des dossiers cruciaux pour l'avenir de la ville.



