Débat municipal à Biarritz : un face-à-face animé en l'absence de Serge Blanco
Jeudi 19 mars, les deux candidates à la mairie de Biarritz, Maider Arosteguy et Ana Ezcurra, ont participé à un débat d'entre-deux-tours organisé par TVPI et le journal Sud Ouest. Durant une heure, elles ont livré des échanges argumentés et construits, marqués par l'absence notable du troisième candidat, Serge Blanco, qui a une nouvelle fois décliné l'invitation. L'intégralité de ce débat est disponible sur les plateformes de Sud Ouest et TVPI.
Serge Blanco, l'absent récurrent qui inquiète les candidates
Maider Arosteguy a exprimé ses préoccupations concernant cette absence répétée. "Être novice en politique, c'est apprendre à prendre des coups, à répondre aux critiques, à défendre son programme. Et quoi de mieux qu'un débat démocratique dans lequel tous les candidats sont invités ?", a-t-elle déclaré. Elle a souligné que c'était la quatrième fois que Serge Blanco se dérobait, qualifiant cette attitude d'"extrêmement inquiétante". La candidate a appelé les électeurs biarrots à considérer cette "fuite en avant comme une incapacité à pouvoir gérer une ville comme Biarritz".
Ana Ezcurra a partagé cette inquiétude, révélant avoir appris l'absence de son adversaire "en plein milieu de la nuit". "Je ne trouve pas ça respectueux des médias évidemment, mais aussi vis-à-vis des candidates que nous sommes", a-t-elle affirmé. Pour elle, la capacité à débattre et à gérer l'adversité est essentielle pour briguer la mairie. "Comment imaginer une personne qui se dérobe comme ça, en capacité d'aller convaincre, porter des dossiers à l'Agglomération Pays basque, porter à la Région, dans les ministères ?", s'est-elle interrogée.
Polarisation politique : des visions divergentes sur le positionnement
Le débat a également abordé la question de la polarisation droite-gauche dans cette élection municipale. Maider Arosteguy a expliqué s'être tournée vers Guillaume Barucq après le premier tour, partageant avec lui la vision d'une "droite parfaitement assumée" représentée par le parti Nouvelle Énergie de David Lisnard. Elle s'est dite étonnée par le choix de Barucq de s'allier avec une tête de liste clairement affiliée à Europe Écologie-Les Verts.
Ana Ezcurra a répliqué en critiquant cette politisation à outrance. "Les municipales sont les élections les moins politiques, au sens partisan du terme", a-t-elle insisté. Elle a rappelé avoir organisé une réunion publique sur la création d'un Parlement de la mer, avec l'intervention de Marine Tondelier comme experte, sans demander de soutien à un parti politique. "Ma candidature n'est pas idéologique", a-t-elle affirmé, précisant que son union avec Guillaume Barucq n'était pas nouvelle puisqu'elle avait été sa colistière en 2020.
Le plateau d'Aguilera : deux approches distinctes pour l'avenir
Sur le projet d'aménagement du plateau d'Aguilera, les candidates ont présenté des visions contrastées. Ana Ezcurra a défendu une sanctuarisation du site pour garantir sa vocation sportive, avec un plan pluriannuel de rénovation des équipements. Elle a évoqué le projet de bassin nordique de 50 mètres à l'échelle communautaire, suite à la fermeture définitive de la piscine municipale. Concernant le logement, elle a identifié des zones comme l'impasse Larribau pour produire environ 150 logements en petits collectifs.
Maider Arosteguy a répondu que les recours judiciaires avaient gelé les projets, mais qu'elle était prête à revoir l'emplacement et la densité des logements une fois la décision de justice rendue. Elle a assuré que la piscine municipale rouvrirait, certes avec du retard, et a mentionné des travaux en cours pour le bassin nordique. Elle a également clarifié la situation du terrain Larribau, indiquant qu'il n'avait pas été rendu constructible mais que cela serait nécessaire pour agrandir le stade.
Ce débat a ainsi permis aux deux candidates de préciser leurs positions sur des enjeux clés de la campagne, tout en mettant en lumière les tensions et absences qui marquent cette élection municipale à Biarritz.



