Débat municipal à Bayonne : Fêtes, corridas et logement au cœur des affrontements politiques
Débat municipal Bayonne : Fêtes, corridas et logement en débat

Un débat municipal animé révèle les fractures politiques à Bayonne

Les cinq candidats têtes de liste aux élections municipales de Bayonne se sont retrouvés jeudi matin dans les locaux de Sud Ouest et TVPI pour un débat d'une heure trente particulièrement riche en échanges et en confrontations d'idées. Cet exercice démocratique a mis en lumière les profondes divergences de points de vue entre les différents prétendants à la mairie, avec des critiques sévères adressées au bilan du maire sortant Jean-René Etchegaray par ses quatre contradicteurs.

Les Fêtes de Bayonne : un sujet explosif qui divise les candidats

Le débat a rapidement tourné autour des célèbres Fêtes de Bayonne, événement emblématique de la ville qui cristallise les tensions. Les candidats de gauche et d'extrême gauche - Henri Etcheto, Jean-Claude Iriart et Sandra Pereira-Ostanel - ainsi que le candidat d'extrême droite Pascal Lesellier ont unanimement dénoncé la politique menée par la majorité sortante, qu'ils jugent trop centrée sur le centre-ville et la promotion de l'attractivité touristique au détriment d'autres préoccupations.

Sandra Pereira-Ostanel, candidate de La France Insoumise, s'est montrée particulièrement incisive en déclarant que « les Fêtes sont devenues exponentielles, coûteuses et violentes ». Henri Etcheto a quant à lui estimé qu'il fallait « reprendre la main sur cette attractivité, la grande obsession de l'actuelle majorité », tandis que Jean-Claude Iriart a mis en garde contre « les risques de surtourisme, et la tendance à voir émerger un modèle touristico-festif ».

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Face à ce flot de population toujours plus difficile à endiguer entre Nive et Adour, chaque candidat a proposé ses solutions : changement de date, élargissement du périmètre, renforcement de la sécurité. Pascal Lesellier a suggéré une consultation des Bayonnais pour déterminer « quel type de Fêtes ils veulent », soulignant ainsi la nécessité d'associer les habitants à cette réflexion.

Corridas : un clivage traditionnel qui persiste

Le débat a également abordé le sujet sensible des corridas, avec des positions bien tranchées de part et d'autre. Sandra Pereira-Ostanel a clairement annoncé son intention de supprimer les spectacles taurins à Bayonne, position qui contraste fortement avec celle des quatre autres candidats.

Ces derniers ont en effet affirmé qu'ils ne toucheraient pas aux corridas, au nom du maintien des traditions et du patrimoine culturel de la ville. Henri Etcheto et Jean-Claude Iriart ont toutefois indiqué vouloir en modifier le mode de gestion, notamment via une délégation de service public, pour assurer une lecture plus claire et mieux maîtrisée de leurs coûts.

La défense du bilan par le maire sortant

Jean-René Etchegaray, avocat de formation, a longuement défendu ses choix et son bilan à la tête de la ville. Interrogé sur l'attractivité de Bayonne, il a répondu : « Les Fêtes de Bayonne durent cinq jours, il faut se demander s'il y a une surfréquentation sur les 360 autres jours de l'année, et pourquoi la ville est aussi attractive. Est-ce qu'il faut empêcher Bayonne d'être une ville désirable ? Oui, il fait bon vivre à Bayonne, et les gens ont plaisir à y venir et s'y installer ».

Logement et mobilité : des défis majeurs pour l'avenir

Cette attractivité soulève cependant des problèmes concrets, notamment en matière d'accès au logement, sujet largement débattu lors de cette rencontre. Chaque candidat a présenté ses arguments et ses propositions, sans qu'aucune solution miracle n'émerge clairement.

Jean-René Etchegaray a souligné les efforts réalisés pour dépasser les 27% de logements sociaux, avec trois opérations au Prissé et au Séqué. Henri Etcheto a plaidé pour la priorisation des friches urbaines et la construction « de la ville sur la ville », tandis que Jean-Claude Iriart a insisté sur la nécessité de renforcer l'offre de logements sociaux, qui stagne selon lui depuis de nombreuses années.

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Pascal Lesellier a élargi le débat en évoquant la nécessité de penser urbanisme et mobilité de manière globale, soulignant que la population bayonnaise a augmenté de 15 000 habitants en 25 ans sans que les équipements ne suivent suffisamment. Sandra Pereira-Ostanel a quant à elle dénoncé « un manque d'anticipation politique » et plaidé pour un meilleur encadrement des loyers.

Transports et alliances politiques : d'autres points de friction

La mobilité et les transports ont également alimenté des échanges vifs entre les candidats, cette thématique ayant généré de nombreuses questions de la part des lecteurs et internautes. La gratuité des transports en commun et le développement des pistes cyclables ont notamment fait l'objet de positions divergentes.

Sur le plan politique, Sandra Pereira-Ostanel n'a pas fermé la porte à des discussions avec les autres forces de gauche entre les deux tours, tandis que Jean-René Etchegaray a appelé à « trouver un consensus, et garder de la modération » face à ce qu'il qualifie de « primaire de la gauche au premier tour ». Pascal Lesellier, bien que non investi par le Rassemblement national, promet quant à lui une rupture avec la politique actuelle et « un projet alternatif avec une équipe atypique ».

Ce débat municipal a ainsi révélé les lignes de fracture qui traversent la vie politique bayonnaise, avec des visions contrastées de l'avenir de la ville sur des sujets aussi fondamentaux que le tourisme, les traditions, le logement et la mobilité.