Dax 2006 : Deux meetings électoraux contrastés à trois jours du scrutin municipal
Dax 2006 : Deux meetings contrastés avant le scrutin municipal

Dax 2006 : Deux visions s'affrontent à la veille des municipales

Le jeudi 12 mars 2006, à seulement trois jours du premier tour des élections municipales, la ville de Dax a vibré au rythme de deux meetings politiques aux atmosphères radicalement différentes. D'un côté, Julien Dubois, le maire sortant, a investi la salle Amélie-Charrière. De l'autre, Viviane Loumé-Seixo, candidate socialiste, a pris ses quartiers au cinéma Le Grand-Club. Deux styles, deux programmes, et surtout deux manières de faire campagne face à des électeurs qui, pour la plupart, semblaient déjà avoir arrêté leur choix.

Le show mobilisateur de Julien Dubois

La salle Amélie-Charrière était comble ce soir-là, avec plus de 200 personnes assises et environ 150 autres debout, faute de places disponibles. Le meeting de Julien Dubois s'est ouvert sur une mise en scène théâtrale, avec une musique épique, l'équipe municipale sortante fendant la foule sous une standing ovation. « Une entrée qui nous réchauffe le cœur ! », s'est exclamé le maire de Dax, visiblement ému par cet accueil.

La soirée s'est poursuivie avec une présentation des colistiers, qui se sont succédé au micro sur la mélodie de « La Ritournelle » de Sébastien Tellier. Julien Dubois, au pupitre, a ensuite livré une performance énergique devant un auditoire conquis. « Merci à tous d'aimer Dax ! Il nous reste vingt-neuf heures pour convaincre, convaincre et convaincre ! », a-t-il lancé, avant de porter des attaques frontales contre sa rivale.

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Le maire sortant a accusé la liste socialiste de manquer de transparence, pointant du doigt la présence d'un ancien coordinateur de La France Insoumise en deuxième position. « Le principe même de la gauche extrême, c'est l'infiltration ! », a-t-il asséné, provoquant des huées dans l'assistance. Il a également défendu sa politique de sécurité, assurant que sans ses mesures, la délinquance aurait augmenté de 50 à 100%.

La campagne projetée de Viviane Loumé-Seixo

Au même moment, au Grand Club, Viviane Loumé-Seixo optait pour une approche plus cinématographique. La candidate socialiste a introduit son meeting par la projection d'un film de 45 minutes retraçant sa campagne et résumant son programme, le tout avec une touche d'humour. Environ 200 personnes assistaient à cette séance.

La candidate était entourée de soutiens de poids : Boris Vallaud, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Xavier Fortinon, président du Département, ainsi que les anciens maires de Dax Gabriel Bellocq et Élisabeth Bonjean. Après la projection, Viviane Loumé-Seixo a endossé le rôle d'intervieweuse pour un temps d'échange avec ses colistiers et le député.

« Il y a partout en France des idées d'extrême droite qui se développent, même dans les endroits où elles ne devraient pas », a-t-elle attaqué, sans nommer directement son adversaire. Boris Vallaud a surenchéri en critiquant la gestion municipale : « Je tenais à venir dans ces villes comme Dax, moyennes par leur taille et petites par leur maire actuel ».

Programmes et polémiques

Les thèmes de campagne ont été abordés avec des angles divergents. Julien Dubois a présenté son projet de « poumon vert » place Camille Bouvet, accusant sa concurrente de vouloir garder une place uniquement dédiée à la « bagnole ». Il a aussi martelé son engagement pour une nouvelle salle de spectacle, suscitant un tonnerre d'applaudissements lorsqu'il a demandé à l'assistance : « Est-ce que vous la voulez ? ».

De son côté, Viviane Loumé-Seixo et ses soutiens ont dénoncé « un maire qui laisse les commerces du centre-ville à l'abandon » et ont développé le concept de « démarchandisation ». Le thermalisme et l'attractivité de Dax ont également été au cœur des discussions.

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En conclusion de son meeting, Julien Dubois a lancé un avertissement à ses supporters : « Et ne vous laissez pas emberlificoter par de la poudre de perlimpinpin ! ». Viviane Loumé-Seixo a, quant à elle, terminé par un discours de clôture remerciant tous les acteurs de sa campagne : « Les promesses d'hier sont devenues les regrets d'aujourd'hui. Dimanche, le choix est clair : continuer comme avant, ou voter pour Dax, à 100%. ».

Trois jours avant le scrutin, les Dacquois avaient ainsi pu mesurer le contraste entre deux visions politiques, entre show mobilisateur et campagne projetée, entre attaques frontales et critiques voilées. Le dimanche suivant allait départager ces deux approches.