La primaire de gauche au cœur des débats stratégiques
Dans une tribune publiée le 16 février 2026, le député de l'Alliance pour une République écologique et sociale (APRES) de Seine-Saint-Denis, Alexis Corbière, répond aux critiques formulées par Boris Vallaud, président du groupe parlementaire socialiste, concernant l'organisation d'une primaire à gauche en vue de l'élection présidentielle de 2027.
Un débat sur les méthodes de désignation
Boris Vallaud avait exprimé ses réserves dans les colonnes du Nouvel Obs, estimant que « la primaire, telle qu'elle se dessine, n'est pas suffisante ». Le dirigeant socialiste prône plutôt la construction d'une coalition large autour d'un projet de gauche, qui inventerait ensuite son propre processus de désignation du candidat.
Alexis Corbière, qui soutient l'alliance Front Populaire 2027 à l'origine de cette primaire, nuance cette opposition. « La réalité est plus nuancée », affirme-t-il, tout en s'interrogeant sur l'intérêt de formules négatives concernant ce que la gauche cherche à bâtir.
L'héritage du Nouveau Front Populaire comme socle
Le député insiste sur la nécessité de renouer avec l'esprit unitaire du Nouveau Front populaire (NFP) de 2024, qui avait rassemblé plus de 9 millions de personnes et bloqué le Rassemblement National. « Un seul programme a rassemblé plus de 9 millions de personnes en juin 2024 », rappelle-t-il, soulignant que cet acquis doit être enrichi mais non abandonné.
Corbière défend des propositions comme la Taxe Zucman ou une profonde réforme de l'héritage pour dégager des moyens en faveur d'une politique de gauche et écologiste authentique.
La mobilisation citoyenne contre l'entre-soi
Face à l'idée de Boris Vallaud d'une coalition qui « inventerait » son processus, Alexis Corbière exprime son inquiétude. « A seulement un an et deux mois de l'élection présidentielle, la formule inquiète », écrit-il, craignant que trop d'attente ne conduise à ce que les sondeurs et éditorialistes décident à la place des citoyens.
Il plaide pour une mobilisation massive de millions de personnes à travers des bureaux de vote dans tous les cantons de France et des votes en ligne, prévus pour le 11 octobre. « Notre force, c'est notre nombre pas notre nombril », assène-t-il, critiquant au passage les insoumis qui refusent la primaire au nom de l'« entre soi » social qu'elle mobiliserait.
Le contexte politique alarmant
Le député met en garde contre la possibilité d'une victoire du candidat RN en 2027, dans un contexte international marqué par le trumpisme. « La décennie Macron a fouetté la colère populaire, a aggravé un dégoût contre les partis », analyse-t-il, appelant la gauche et les écologistes à sortir de leur confort et à adopter une nouvelle stratégie.
Les municipales comme test décisif
Alexis Corbière propose de tirer des « conclusions stratégiques communes » des élections municipales du 22 mars. Ces scrutins pourraient révéler la dynamique à gauche entre stratégie unitaire et stratégie identitaire, ainsi que la réalité de la puissance du vote d'extrême droite.
Il invite toutes les forces ayant participé au NFP en 2024 à « cesser le fracas de la division surjouée » et à respecter les 78% de sympathisants du NFP qui réclament un candidat commun. « Ce que nous avons réalisé pour les législatives est encore possible pour la présidentielle », conclut-il, mettant en garde contre le risque de succomber à l'ébriété présidentialiste de la Ve République.



