Un code-barres imprévu bouleverse le scrutin municipal à Saint-Brice
Le village de Saint-Brice, en Seine-et-Marne, est au cœur d'une situation électorale exceptionnelle qui défraie la chronique locale. Un simple code-barres, apposé accidentellement sur un bulletin de vote, a provoqué un rebondissement judiciaire majeur, contraignant les 800 habitants à retourner aux urnes.
De la nullité à la validation : le revirement judiciaire
Initialement, ce bulletin avait été déclaré nul car le code-barres masquait partiellement le nom d'un colistier. Cependant, le tribunal administratif de Melun a rectifié cette décision vendredi dernier. Dans un jugement détaillé, les magistrats ont estimé que ce code-barres « ne constituait pas une marque de reconnaissance interdite » par la loi électorale.
Le tribunal a souligné que le bulletin exprimait « sans ambiguïté la volonté de l'électeur » en faveur de la liste du maire sortant. Cette validation rétroactive a des conséquences immédiates et tangibles sur les résultats du premier tour du 15 mars 2026.
Une égalité parfaite qui change la donne
L'intégration de ce bulletin modifie radicalement l'équilibre des forces :
- Les deux listes en présence obtiennent désormais 178 voix chacune, créant une égalité parfaite.
- La première adjointe, qui était donnée gagnante au premier tour avec une seule voix d'avance, voit sa victoire s'évanouir.
- Le maire sortant retrouve ainsi une chance de se maintenir.
Cette situation inédite oblige la commune à organiser un second tour pour départager les candidats, selon les termes mêmes du jugement qui prévoit « l'organisation d'un second tour ».
L'origine accidentelle du code-barres controversé
L'enquête du tribunal a révélé que le code-barres litigieux provenait d'un traceur de production interne à l'imprimerie chargée de fabriquer les bulletins. Inséré de manière automatisée lors du processus d'impression, il présentait donc « un caractère purement accidentel », selon la décision de justice consultée par l'AFP.
Cette précision technique a été déterminante dans la décision des juges, qui ont distingué cette marque involontaire des signes intentionnels prohibés par l'article L. 66 du code électoral.
Silence radio de la maire désignée
Contactée par l'AFP, la première adjointe qui avait été désignée maire après le premier tour n'a pas souhaité s'exprimer sur ce revirement de situation. Son silence contraste avec l'agitation provoquée par cette affaire dans la vie municipale.
Les habitants de Saint-Brice devront donc se rendre à nouveau aux urnes pour trancher cette élection devenue incertaine. Un épisode qui rappelle à quel point les détails techniques peuvent influencer le destin démocratique d'une petite commune.



