Marcheprime : la Chambre des comptes alerte sur des finances dégradées, le maire défend sa stratégie
Finances de Marcheprime : rapport alarmant, le maire contre-attaque

Marcheprime sous le feu des critiques financières de la Chambre des comptes

La Chambre régionale des comptes vient de publier un rapport accablant sur la situation financière de la commune de Marcheprime, daté du 8 avril. Ce document de 63 pages met en lumière ce que les magistrats qualifient de « graves difficultés de trésorerie et d'un déficit excessif ». Face à ces accusations, le maire sans étiquette Manuel Martinez, réélu en mars dernier sans opposition, a répondu par un long mémoire de 17 pages, défendant farouchement sa gestion et promettant une amélioration prochaine.

Un rapport sans concession sur une stratégie foncière risquée

La synthèse du rapport est sans équivoque, titrée par « une stratégie foncière coûteuse » et « une situation financière très dégradée qui nécessite la formalisation d'un plan de redressement ». Les magistrats pointent du doigt les ambitions de la municipalité, notamment son projet de créer un cœur de ville avec une place, une halle couverte, et le réaménagement d'une friche industrielle pour y déplacer le supermarché, ainsi que la construction d'une maison de santé et d'un accueil de loisirs.

Cependant, ces investissements ont un coût élevé. La Chambre note que les acquisitions foncières, y compris l'achat de la friche industrielle, « ont pesé sur les finances ». Un défaut de paiement lors de l'acquisition de l'emplacement du supermarché actuel n'a pu être réglé qu'avec un nouvel emprunt, plus de six mois après l'échéance, grâce à une cession immobilière. Cette stratégie a généré un solde cumulé négatif des transactions immobilières de plus de 4,4 millions d'euros, financé par emprunt, tout en observant une augmentation du budget de fonctionnement.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des perspectives financières alarmantes et des recommandations strictes

Les projections financières sont préoccupantes : la capacité d'autofinancement nette deviendrait négative dès 2025, avec un déficit de 2,1 millions d'euros, s'aggravant à 4,7 millions d'euros en 2027. Les magistrats insistent sur la nécessité d'une pause dans les investissements, sauf à compter sur des ventes immobilières, ce qu'ils jugent imprudent. Ils recommandent des mesures de redressement, incluant des économies sur le personnel, les achats, et la subvention allouée à la Caravelle.

La défense vigoureuse du maire Manuel Martinez

Manuel Martinez a vivement contesté le rapport, estimant que les titres choisis reflètent un jugement « principalement négatif » sur les choix politiques, notamment le projet de centralité pourtant soutenu par les sous-préfets successifs. Il juge les termes comme « une situation financière préoccupante » ou « dégradée » inopportuns et demande qu'ils soient tempérés.

Le maire critique ce qu'il appelle une « prospective à charge », arguant que le scénario de la Chambre ne tient pas compte de tous les paramètres. Il met en avant des recettes fiscales futures, comme les 50 000 euros attendus de Lisea, le centre de maintenance des TGV en construction, la recherche de ressources supplémentaires par la Caravelle, et la hausse des recettes liée à l'augmentation de la population.

Des ventes immobilières pour redresser la barre

Martinez assure que la majorité des cinq hectares acquis entre 2020 et 2026 sera revendue pour solder les prêts relais. Deux opérations sont en cours : la vente de l'ancienne friche à Intermarché pour 1,5 million d'euros, avec une promesse de vente signée, et la cession de parcelles du cœur de ville à un aménageur pour 2,5 millions d'euros avant 2030. Selon lui, ces transactions ont temporairement impacté la trésorerie, mais « aucune décision pouvant durablement positionner la collectivité dans une situation financière critique n'a été prise ». Une fois les prêts soldés, la capacité de désendettement serait réduite à moins de six ans.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

En conclusion, le maire souligne que Marcheprime dépasse désormais 5 000 habitants, ce qui a entraîné un redimensionnement coûteux des services, surtout avec la diminution des subventions. L'avenir financier de la commune reste suspendu au prochain rapport de la Chambre régionale des comptes, dans l'attente de voir si les mesures défendues par Martinez porteront leurs fruits.