Castelnau-de-Médoc : un second tour municipal très serré après un premier tour à 63 voix d'écart
Le maire sortant Éric Arrigoni est arrivé en tête au premier tour des élections municipales de Castelnau-de-Médoc, mais avec seulement 63 voix d'avance sur sa principale opposante Laurine Jolly. Dans un contexte de participation en recul, la mobilisation des abstentionnistes sera déterminante pour départager les candidats lors d'un second tour qui s'annonce particulièrement ouvert et disputé.
Une commune en pleine croissance démographique
Commune de près de 4 900 habitants, Castelnau-de-Médoc occupe une position centrale dans le territoire médocain. Ancien chef-lieu de canton, la cité connaît depuis plusieurs années une dynamique démographique portée par sa proximité avec la métropole bordelaise, située à moins de 40 kilomètres. Implantée au pied de la RD1215, axe structurant de la presqu'île, elle bénéficie d'une situation géographique stratégique qui en fait un pôle de vie et de passage sur ce territoire en développement.
Des résultats serrés et une abstention préoccupante
Dimanche 15 mars, trois listes étaient présentes au premier tour de l'élection municipale. Les résultats du scrutin dessinent une triangulaire pour le second tour, prévu dimanche 22 mars, dans un contexte de participation en retrait. Avec 60,72 % de votants – abstention : 39,28 % –, la mobilisation recule par rapport à 2014, où elle atteignait 66,45 %. Dans ce paysage ouvert, la victoire passera en grande partie par la capacité des candidats à mobiliser les abstentionnistes.
Le maire centriste sortant, Éric Arrigoni, qui présente une liste sans étiquette, arrive en tête avec 987 voix, soit 42,80 % des suffrages exprimés. Il devance de peu Laurine Jolly (divers), qui recueille 924 voix (40,07 %). Anne-Marie Michalon, candidate soutenue par le RN, obtient 17,13 % (395 voix) et se trouve distancée. Seulement 63 bulletins séparent Éric Arrigoni et Laurine Jolly, un écart infime qui rappelle que rien n'est joué.
Le contexte politique local
Arrivé à la tête de la commune en 2014 en ravissant ce bastion socialiste à Jean-Claude Durracq, Éric Arrigoni, maire sortant centriste, à la tête d'une liste « sans étiquette », brigue un troisième mandat. Face à lui, Laurine Jolly, élue d'opposition lors du précédent mandat, entend créer la surprise et conquérir la mairie.
Si cette dernière affirme conduire aussi une liste « sans étiquette » et se définit comme « ni de droite, ni de gauche, seulement divers », elle indique avoir reçu le soutien de Jean-Luc Gleyze, président socialiste du Conseil départemental de la Gironde, rencontré le 23 janvier à l'Escale, tiers-lieu de la commune, en présence de la députée PS Pascale Got. Laurine Jolly s'inscrit par ailleurs dans une histoire politique locale. Son père, Guy Coubris, a été maire socialiste de Castelnau-de-Médoc de 1971 à 1983.
Enfin, dans cette élection, le Rassemblement national soutient la candidature d'Anne-Marie Michalon. Adhérente au parti, elle revendique toutefois une liste « d'intérêt communal ». Derrière cette candidature, le RN entend faire son entrée au conseil municipal.
Les écoles : enjeu central du prochain mandat
Sur le fond, les trois candidats convergent largement sur un point : les écoles s'imposent comme un enjeu central du prochain mandat, avec en ligne de mire la situation de l'école maternelle La Charmille. Le maire sortant Éric Arrigoni défend un projet structuré de reconstruction de cet établissement sur un nouveau site, couplé à la rénovation de l'école de La Jalle et à la création d'un nouveau restaurant scolaire, dans une logique d'ensemble qu'il juge « plus cohérente et maîtrisée financièrement ».
De leur côté, Laurine Jolly et Anne-Marie Michalon insistent également sur l'urgence d'intervenir, mais davantage sous l'angle d'une nécessité immédiate, évoquant des « impératifs » pour la première et un sujet « qui ne peut plus attendre » pour la seconde. Les différences apparaissent davantage dans la hiérarchisation des priorités et la méthode.
Laurine Jolly met en avant un mandat qui débutera sous contrainte, en raison de projets déjà engagés, notamment la Convention d'aménagement de bourg, avant de porter la création d'une Maison des jeunes, qu'elle présente comme un projet « rapidement réalisable » et « peu coûteux ». Anne-Marie Michalon, elle, insiste sur une réponse rapide aux besoins existants, en privilégiant la rénovation, l'agrandissement et la sécurisation des équipements scolaires.
Entre projet structuré, début de mandat contraint et urgence à agir, les candidats déclinent ainsi des approches différentes autour d'un même diagnostic, faisant des écoles un marqueur central de la campagne à Castelnau-de-Médoc. Le second tour s'annonce donc particulièrement disputé, avec des équipes de campagne déjà à pied d'œuvre sur le terrain pour convaincre et élargir leur socle électoral.



