Urrugne : la campagne municipale s'envenime entre Aramendi et Mignot-Carmé
À l'approche du scrutin du 15 mars, la campagne municipale s'intensifie à Urrugne, où les échanges se sont considérablement durcis entre le maire sortant Philippe Aramendi et la candidate Martine Mignot-Carmé. Les deux protagonistes se sont interpellés vivement sur les réseaux sociaux, révélant des tensions croissantes à quelques jours seulement du premier tour.
Un débat sans captation vidéo qui fait polémique
Lundi 2 mars, en amont d'un débat organisé par le comité de quartier d'Olhette-Herboure, Philippe Aramendi a publié un message sur la page Facebook de sa liste pour déplorer l'absence de captation vidéo. « Je prends acte du refus de Mme Martine Mignot-Carmé que ce débat puisse être filmé et diffusé. Que cache ce refus ? Si Mme Mignot-Carmé devait demain diriger Urrugne, maintiendrait-elle la diffusion en direct des conseils municipaux ? »
Deux heures plus tard, la candidate interpellée lui a répondu par l'affirmative sur le même réseau social, tout en reprochant au maire de s'immiscer dans l'organisation du débat. Elle a rappelé que le cadre de la rencontre avait été fixé par les organisateurs et a fustigé la légitimité de cette attaque publique. « Je pense que je n'ai pas à recevoir de leçons en matière de démocratie participative de votre part... c'est un énorme comble ! »
Un débat marathon suivi de nouvelles tensions
Les deux candidats – le troisième candidat Sébastien Etchebarne n'étant pas présent – se sont finalement retrouvés le soir même pour un débat marathon de trois heures et demie. Dans un message publié après la rencontre, Martine Mignot-Carmé, candidate de la liste Du cœur et des actes, a salué un échange « apaisé » avec son opposant.
Mais la trêve n'a pas duré. Dès le lendemain, la postulante est revenue à la charge, critiquant la promesse municipale de « privilégier le kilomètre 0 » pour la cuisine centrale. « Six mois plus tard, c'est du fromage venu du Cantal – alors qu'il ne manque pas de fromages à Urrugne ! – et des bananes certes bio, mais de Côte d'Ivoire, qui étaient hier au menu des écoliers », a-t-elle déploré.
Répliques et accusations de démagogie
Invité à réagir à cette contre-attaque, Philippe Aramendi a dénoncé un acte de « pure démagogie » à l'approche du scrutin. « Soyons raisonnables : faut-il s'abstenir de proposer des bananes aux enfants de la commune ? Ce qu'on privilégie, ce sont des produits sains et diversifiés », a-t-il défendu. Il a également justifié la politique de la cuisine centrale : « Ce qu'on propose, c'est un service public. C'est un choix politique qu'on fait parce qu'on estime que le premier médicament qu'on prend, c'est la nourriture qu'on mange. Tout n'a pas à être rentable comme dans une entreprise ».
Des finances communales au cœur des critiques
Le maire sortant a également balayé d'autres critiques qu'il qualifie de « malhonnêtes » concernant les finances communales. « Je m'agace d'entendre de la part des opposants que nous n'avons pas présenté nos comptes fin janvier, soi-disant parce qu'ils étaient trop mauvais, alors qu'on avait précisé lors d'une commission précédente, à laquelle eux et des membres de leur liste avaient participé, qu'on ne pourrait pas les présenter à cause de problèmes de logiciel. Ce ne sont plus des arguments : c'est de la mauvaise foi ! »
Ces échanges tendus illustrent l'âpreté de la campagne à Urrugne, où chaque détail devient un enjeu politique. Les électeurs devront trancher le 15 mars, dans un climat où la polémique semble avoir pris le pas sur le débat d'idées.



