Campagne électorale au Pays basque : entre incidents et ambitions
La campagne électorale au Pays basque connaît des développements variés, allant des incidents d'organisation aux programmes ambitieux en passant par des étiquettes politiques parfois surprenantes.
Un démarrage difficile pour Richard Tardits
Mercredi, Richard Tardits présentait sa liste et son programme au Colisée de Biarritz. La réunion a commencé avec quarante minutes de retard, les membres de Biarritz d'abord ayant trouvé porte close à leur arrivée. Un oubli des services municipaux, semble-t-il. Richard Tardits a préféré prendre le contretemps avec le sourire, ironisant en montant sur scène : « On n'est pas méchants de nature… Donc on ne va pas imaginer que c'était intentionnel ! »
Un programme pragmatique aux ambitions démesurées
Richard Tardits a présenté son programme comme « pragmatique » et « sans projets pharaoniques ». Pourtant, sur la seule plaine sportive d'Aguilera, les idées voient grand :
- Un parc à vagues de deux hectares
- 4 000 places assises supplémentaires dans les tribunes du stade Larribau
- Un hôtel et une résidence pour saisonniers
- La transformation de la Cité de l'Océan en thalasso avec un bassin nordique de 50 mètres
Des projets ambitieux, très ambitieux, mais pas pharaoniques selon le candidat.
Questions inattendues et débats prolongés
À Hendaye, Tristan Proteau présentait son programme aux Halles de Gaztelu avec une organisation soignée. Une intervenante peu intéressée par le volet éducation, jeunesse et petite enfance a interpellé le candidat : « Vous n'avez pas parlé des animaux de compagnie ! À l'heure où les Hendayais ne font plus d'enfants et adoptent des chiens, qu'est-ce que vous comptez faire ? » Réponse du postulant, légèrement décontenancé : « Mettre des bacs à sable un peu partout ».
À Urrugne, le débat entre candidats organisé par le comité de quartier d'Olhette-Herboure a duré 3 heures 30. Le matin même, le maire sortant Philippe Aramendi déplorait le veto de sa rivale Martine Mignot-Carmé pour la captation vidéo. L'intéressée a répondu : « Bien sûr. […] Je n'ai pas à recevoir de leçons de démocratie participative de votre part ». Le soir même, les deux candidats ont visiblement eu des choses à se dire.
La valse des étiquettes politiques
À Bayonne, les étiquettes accolées aux listes candidates par le ministère de l'Intérieur sont ébouriffantes. Les listes Bayonne en Mouvement - Baiona Mugimenduan (Jean-Claude Iriart) et Bayonne tout simplement (Henri Etcheto) sont estampillées « Union de la gauche ». Avec la liste de LFI (Sandra Pereira), cela fait trois listes d'« union de la gauche ».
La liste Bayonne l'essentiel c'est vous du sortant Jean-René Etchegaray, maire centriste associé à des personnalités de la droite locale, a finalement été classée « Divers centre » après avoir été initialement affichée « Divers gauche ». Pascal Lesellier, tête de la liste Bayonne unis pour l'alternative, proclamait : « La seule liste de droite, c'est nous ! » Mais le ministère de l'Intérieur classe son équipe à « l'extrême droite ».
Soutiens et stratégies de communication
Le président MoDem du Département, Jean-Jacques Lasserre, a affiché son soutien à Serge Blanco. Sa vidéo a été introduite par son ancienne attachée parlementaire, Marie-Claude Albanesi, militante LR de la sixième circonscription, qui figure sur la liste du rugbyman.
Pascal Lesellier, candidat à Bayonne et adhérent du Rassemblement National, n'a pas pu obtenir l'investiture officielle de son parti. Il prend soin de sous-titrer son affiche « Rassemblement National », mais aussi « Reconquête », la formation d'Éric Zemmour, UDR et Parti chrétien démocrate.
Absence de sondages et indices de campagne
À Biarritz, les six listes en lice n'ont pas de sondage pour évaluer leurs chances contrairement à la campagne de 2020. Les candidats doivent s'en remettre au doigt mouillé et à des indices plus ou moins efficaces comme le remplissage des meetings.
Le casino municipal dispose d'une jauge de 730 places. Guillaume Barucq a attiré moins de 200 personnes. Maider Arosteguy et Serge Blanco étaient proches des 700. Richard Tardits n'a pas réussi à remplir les 190 places du Colisée, contrairement à Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde.
Une préoccupation environnementale
La préfecture de Région Nouvelle-Aquitaine évoque une situation « extrêmement préoccupante » concernant le saumon atlantique, pour lequel la pêche a été interdite pour la deuxième année consécutive. Les effectifs 2025 sont divisés par deux, avec moins de 600 géniteurs de saumon comptabilisés sur l'ensemble des gaves. Les spécialistes évoquent « un déficit critique de ponte » dont les causes sont sans doute à trouver en haute mer.



